JAPON, l'île d'HOKKAIDO - 2018

L'ÎLE D'HOKKAIDO (Japon)
Du 22 août au 3 octobre 2018

Itinéraire


Vol direct de Montréal à Tokyo - Train de Tokyo à l'Île Hokkaido

Les 22, 23 août 2018

Vol Air Canada de Montréal à Tokyo, le 22 août, durée 13 heures sur un confo 787-Dreamliner

Arrivée à Tokyo le 23 août vers 16:15 h (+13 heures avec Montréal)... Les communications téléphoniques et Face Time devront être planifiées :)

Quelques trucs à faire en arrivant à Narita, l'aéroport (il y a 2 gros aéroports prés de Tokyo):

Récupérer mon billet de train pour le trajet Tokyo / Hakodate (Hokkaido) le 24 août;

Île d'Hokkaido.
L'itinéraire: de Hakodate vers l'est et retour par le centre en passant à Sapporo








Itinéraire jour par jour


Prendre un billet pour le Narita Express (durée 1 heure) vers Tokyo - Tokyo Station (gare centrale);

Faire transporter mes bagages vers Hokkaido par le service «Hands free travel» Les japonais ont un super système de transport des bagages à travers le pays;

Tenter de me procurer une carte de Hokkaido.

J'ai réservé une chambre (Metropolitan Hotel), accessible de la gare (Tokyo station) afin de me faciliter les choses car je repars le 24 en train vers le nord.

Le trajet entre l'aéroport de Narita et Tokyo (1 heure) m'a révélé des espaces de verdure auxquels je
ne m'attendais pas. Des champs cultivés, verts et luxuriants manucurés et bien découpés.

La réputation des japonais quant à leur politesse, leur ardeur au travail et leur tact est bien méritée.


Vers Tokyo dans le Narita Express






Aperçu du centre de Tokyo


Des passages piétonniers d'une largeur impressionnante

La station centrale de train à Tokyo


Autant d'éclairage qu'à Times Square dans le centre de Tokyo


Les menus en 3 D





Centre de Tokyo sous les nuages



Vendredi le 24 août 2018

Vers Hakodate, île d'Hokkaido

Une marche dans le centre de Tokyo et un départ un peu raté pour Hakodate...

Mon train pour Hakodate étant à 12:20 h, j'ai le temps de me rendre au palais impérial situé à 10 minutes de marche de l'hôtel.

Ma marche est ponctuée de petites averses qu'échappent des nuages épars. Il fait chaud à Tokyo, entre 28 et 30 degrés, c'est au dessus de la normale comme dans plusieurs régions du monde en ce moment.

Le palais impérial est une forteresse, une ville dans la ville. Ceinturé d'une rivière et surplombé d'un imposant mur de pierres, il est néanmoins un jardin luxuriant, un havre de paix dans l'assourdissante capitale nippone.

C'était jadis le royaume du Shogun, ce commandant des armées du Japon d'une autre époque. J'en ai fait le tour à pied, ce qui représente une bonne heure de marche.

Voyant l'heure avancer et désirant avoir le temps de me rendre tranquillement au train de 12:20 h pour Hakodate, j'ai emprunté le taxi pour la fin du trajet vers l'hôtel que je devais quitter pour midi.

J'ai finalement quitté l'hôtel à 11:50 h et j'aurais aimé être plus en avance pour mon train et je pressais le pas. Finalement sur le quai à midi, j'avais amplement de temps (ce que je n'avais pas vraiment réalisé), pour me positionner au bon endroit sur le quai car ici, chaque détail est prévu. J'avais une
place réservée dans le wagon 1.

Le quai d'une longueur impressionnante était bondé et je devais le remonter jusqu'à la première voiture tout au bout.

Contrairement à mes bonnes habitudes, j'ai grimpé dans le train présent en ne vérifiant pas l'annonce Hayabusa 21 sur le côté du train dans ma distraction et convaincu à tort que c'était mon train de 12:20h.

Dès que je fus assis à mon siège, j'ai réalisé que j'avais embarqué dans le train de Sendai et non Hakodate. Trop tard, il partait. Oups ! J'avais oublié qu'ici, il y a des trains à la queue-leu-leu à quelques minutes d'intervalles qui partent dans toutes les directions.

Le train fait un arrêt après seulement quelques minutes. Je ne fais ni une ni deux, ramasse mes choses et sort du train.

J'ai la chance de tomber sur un membre  dévoué de la compagnie Japan Railway et tente de lui expliquer ma situation. Je suis bien chanceux. Mon train s'arrêtera ici à 12:26 h au quai 20. Cette fois je prendrai la peine de bien regarder le numéro du train avant d'y embarquer. À 12:26 très exactement le train arrive et je m'installe dans mon siège en respirant un bon coup. Dans ces cas là, la machine à scénarios se met à virevolter et on tente de se faire des plans b,c,d,e, etc... Je m'imaginais devoir retourner sur mes pas à la gare centrale de Tokyo et renouveler mon billet... en même temps je pensais aux conséquences d'une arrivée tardive à Hakodate. Enfin, tout s'est réglé dans quelques minutes.

Ce type de train est exceptionnel tant dans son allure de béluga pour la voiture de tête que dans ses performances techniques. Il atteint des vitesses de plus de 300 km à l'heure.

Pour atteindre l'île de Hokkaido, il passe dans un tunnel de 17 km de long sous la mer, une autre performance technique des japonais.

Dans le train vers Hakodate, j'ai rencontré un couple sympathique. Anne-Laurie et Mikel font de la rando au Japon. Échange bref mais réconfortant. Ce sont les premiers québécois que je rencontre depuis mon arrivée au Japon.

Au resto des calmars plus frais que frais ...





Une des entrées du palais impérial situé en plein coeur de Tokyo

Ce matin à Tokyo, ... Le palais impérial à gauche de la rivière



Le fameux Shinkansen, rapide, il peut atteindre des vitesses de 300 km / h






Île d'Hokkaido (Hakodate)
Samedi le 25 août 2018

Depuis mon arrivée au Japon mercredi le 23, la température est mauvaise. Un typhon remonte la côte par l'ouest et dans son sillage, il sème le vent et la pluie. 

En remontant vers Hokkaido, il a perdu de sa vigueur mais les nuages qu'ils trainent crèvent. Les prochains jours annoncent, du côté température du chagrin dans le ciel.

Pour ma part je subis encore les effets du décalage. Mon sommeil est sommaire malgré le confort des chambres que j'ai eu à Tokyo et ici à Hakodate.

Il faut dire aussi que mon 'hamster' tourne assez fort depuis mon arrivée. Jusqu'à ce matin, je m'inquiétais du transport du vélo et des sacs de vélo confié à l'aéroport de Narita, à une entreprise d'expédition comme il en existe plusieurs ici car les japonais utilise beaucoup ce mode de livraison. C'est quand même plus de 800 km que le vélo et mes sacs devaient franchir. Ne connaissant pas la fiabilité de ce genre de service d'expédition, j'avoue que j'ai imaginé divers scénarios un peu catastrophiques entourant la manipulation et la livraison de mes articles.

Il y avait cependant moyen de me rassurer et c'est ce que j'ai fait. La coopération d'une personne de la réception de l'hôtel m'a été d'un grand secours. Elle pouvait lire les documents écrits uniquement en Japonais que m'avait remis l'entreprise d'expédition. J'ai demandé à la gentille dame de vérifier si l'adresse indiquée sur le document était bien celle de l'hôtel et c'était bien la bonne... une chose de réglée. La dame a ensuite eu l'amabilité de téléphoner à l'entreprise d'expédition afin de confirmer quand la livraison aurait lieu. J'ai eu la confirmation que le vélo et les sacs seraient à la réception de l'hôtel ce matin entre 11 h et midi. Et c'est exactement ce qui s'est passé. 

Je pouvais enfin être certain de mon horaire de demain et je ne subissais pas l'ambivalence de réserver une chambre pour une autre nuit de plus  à Hakodate.

Une fois le vélo arrivé, je me suis mis à la tâche de le monter. Encore une fois, j'ai bénéficié d'une belle collaboration du personnel de l'hôtel. On m'a permis de m'installer dans une petite salle de repos à l'entrée normalement dédiée aux clients de l'hôtel pour monter mon vélo. C'était parfait car il pleuvait à l'extérieur. Une fois le vélo monté, une dame de l'entretien ménager s'est présenté et m'a fait comprendre que c'est elle et non moi qui faisait le ménage. Quel service et tout cela accompagné d'une gentillesse toute naturelle.

J'avais encore une faveur à demander à l'hôtel. Le 29 septembre prochain, je terminerai mon périple ici même au Super Hotel où je loge présentement. J'ai planifié remettre alors le vélo en boîte et le faire expédier ainsi que les sacs de vélo vers l'aéroport de Narita en prévision de mon vol de retour vers Montréal le 3 octobre. 

J'ai donc demandé si l'on pouvait conserver ma boîte de rangement du vélo ici à l'hôtel jusqu'à mon retour le 29 septembre. On m'a répondu spontanément par l'affirmative. Je suis vraiment chanceux et reconnaissant et j'ai tenté de l'exprimer au personnel du mieux que je pouvais  avec 'Google translator' !

Ce fut une très bonne journée ! Tous les morceaux du puzzle s'assemblent selon ce que j'avais planifié pour tout le reste du voyage. Maintenant, en fait demain matin, ça sera à moi de pédaler.

L'attitude et le savoir vivre des japonais:
Vraiment, les japonais d'Hokkaido où je suis me comble de bonheur de par leurs manières et leur savoir vivre. J'adore cette façon d'aborder les personnes avec un respect bien senti. 

Les façons de faire sont d'une délicatesse renversante. On prendra avec les deux main en effectuant une légère inflexion du tronc un document, papier ou argent que vous remettrez à quelqu'un. 

Si on vous remets quelque chose, ce sera avec les deux mains et toujours une petite inflexion de respect comme si toute chose et vous même étaient importantes.

Le matin, le petit déjeuner (inclus avec la nuitée à l'hôtel où je loge - c'est un hôtel 3 * ), est servi. Chaque personne qui arrive est accueilli par les salutations des dames qui ont préparé le petit buffet. Toute l'installation est prévue au quart de tour. Les dames papillonnent pour que tout soit à l'ordre et la propreté est impeccable. Ce qui est remarquable, c'est que tous pratiquent les mêmes rituels quant à la propreté des lieux et le savoir vivre.

Les pratiques dans les hôtels:
Avant de monter à la chambre lors de l'arrivée, on vous demande si vous désirez un pyjama (style kymono), que fournit l'établissement. Dans la chambre, toujours des pantoufles (slippers), que l'on revêt avant de passer la ligne sur le plancher indiquant que le prochain pas sur le tapis doit être franchi sans les souliers...

Savoir vivre dans le train:
Des messages audibles et écrits demandent poliment de se rendre entre les deux voitures si l'on désire parler au téléphone. Ne pas parler fort, ne pas mettre de bagages sur les sièges, ne pas mettre les pieds à d'autres endroits que sur le plancher...

Les files:
Les japonais sont les champions des files. Des files bien droites et dans le respect de l'autre dans toutes les occasions, à l'épicerie comme en attendant le train ou le transport en commun.

Les toilettes, une science au Japon:
Les cuves des toilettes sont la plupart du temps équipées d'un système sophistiqué qui justifie une enseigne avec explications et mode d'emploi. Bidets avec des jets divers et d'eau chaude dont la pression et l'intensité sont ajustables, sièges chauffants, sièges se refermant automatiquement, un filet d'eau qui s'écoule afin de masquer l'opération en cours.

Au Japon depuis seulement 3 jours j'ai encore beaucoup à découvrir...

Je suis entré dans une petit marché d'alimentation et j'en suis sorti pantois. C'est déstabilisant de ne pouvoir lire et comprendre quoi que ce soit de ce qui se trouve dans les étagères. 




Au gré de l'artère principale de Hakodaté, des statuettes d'enfant







Protection le long du quai

Le mont Hakodate enfin libéré du brouillard


Cartomancie disponible

Les petites autos nippones



De Hakodate au lac Onuma (40 km)
Dimanche le 26 août 2018

C’est une bonne journée! Il fait beau soleil et j’entame mon périple. 

Première journée sur les routes japonaises. Conduite à droite ... C’est une journée test car j’éprouverai l’utilisation du GPS dont les cartes téléchargées proviennent d’un ‘open source’, fiable mais c’est ouvert à tous... 

C’est aussi la découverte des indications japonnaises. 

Enfin c’est un peu terrifié que j’entame ma journée.

À quelques reprises je roule du mauvais côté de la route, l’habitude est tellement induite dans le cerveau qu’il semblerait nécessaire d'intervertir les hémisphères pour inhiber la résistance au changement.

Mon GPS m’a ravi me conduisant dans des routes de fermes dont une nommée «Fruit road« où les fermiers cultivent pommes, bleuets et divers fruits. Plusieurs serres tapissent les espaces agricoles.

Entre Hakodate et le lac Onuma où je me suis dirigé aujourd’hui, les montagnes s’érigent sur ma route. De biens beaux paysages agrémentent ma journée.

Les enseignes d’indication de route et des artères importants sont en caractères japonais et notre alphabet. Ça permet aux voyageurs comme moi de s’y retrouver un peu plus facilement.

La préparation minutieuse que j’ai fait de mon trajet me sauve beaucoup d’incertitudes et de temps. Le nom des lieux et campings par exemple peuvent être un casse tête à trouver sans infos précises. Le nom sur les cartes et sur Internet sont un peu différents.

J’ai un court trajet aujourd’hui, question de me familiariser avec de nombreux facteurs non vécus dans mes voyages précédents.

Je suis arrivé à Onuma où se trouve un magnifique lac, au centre d’un parc renommé. 

Au village, j’ai pris quelques heures pour prendre un café (mode qui se développe ici - les cafés au nom français et anglais poussent).

Je me suis informé au bureau de tourisme afin de me procurer de la documentation et localiser des magasins de denrées car je campe ce soir et dois magasiner mon repas. Dans ce village ci, pas de grosses épiceries mais des petits commerces et le Seven Eleven ( le Couche Tard Japonais ) aux tablettes garnies de plusieurs denrées et de prêt à manger chaud et froid à un prix raisonnable.

Je suis arrivé au lac Onuma vers la fin de l’après-midi après l’avoir longé sur une piste cyclable.

Le lac est superbe et le camping gratuit, donne sur le lac et de magnifiques montagnes.

Je suis heureux, c’est bon de retrouver ma tente, surtout dans un magnifique endroit comme ici.





L'intérieur de la tente d'un cycliste campeur

Le magnifique lac Onuma




Du fait que je m'attends à de la pluie durant mon voyage, je me suis doté d'une bâche

Un des nombreux tunnels que j'ai franchi durant le voyage






Du lac Onuma à Oshamambe (84 km)

Lundi le 27 août 2018

Je longe pour une bonne partie du trajet et avec ravissement l'océan pacifique que j'ai vu en 2014 lors d'un périple à vélo le long de la côte ouest américaine. Ça me fait tout drôle et c'est impressionnant de penser à la distance que couvre cette masse d'eau qui sépare les continents.

J'ai roulé principalement dans la campagne et cela m'a permis d'être moins préoccupé par la circulation et surtout de moins penser à emprunter le bon côté de la route.  Rouler sur la voie de gauche demande une attention constante... je finirai bien par my habituer !

Le parc d'Oshamambe est calme et reposant avec sa petite rivière et ses beaux arbres.


En cas de typhons, tremblements de terre, tsunamis...
Mon trajet d'aujourd'hui m'a fait retrouver avec bonheur le pacifique que j'ai vu la dernière fois en
2014 lors d'un voyage sur la côte ouest américaine à des milliers de km d'ici



Barrières anti tempêtes

Les campagnes de l'île sont cultivées de riz, de patates et de légumineuses 
Il y a presque toujours des montagnes à l'horizon dont plusieurs sont des volcans




Un cycliste japonais Baseku Watanabe. «Google translator» nous a permis de communiquer

Pot de fleur, coussins sur les sièges de cet arrêt d'autobus... Il faut de l'altruisme pour prendre soin des espaces publics !

Takayoshi Yokoi, cycliste rencontré à Oshamambe


Un parmi la centaine de temples Shinto croisés sur ma route

Le parc Oshamambe, très accueillant

On m'a dit qu'à une époque, les noms français faisaient tendance






Du parc Oshamambe à Lac Toya (55 km)

Mardi le 28 août 2018

Dans ma préparation de ce voyage, j'ai consulté le Lonely Planet. Le lac Toya y était présenté comme un joyau de l'île d'Hokkaido.

Le lac et la région avoisinante ne m'ont pas déçu. C'est effectivement un endroit envoûtant et qui respire la sérénité d'autant plus que j'étais pratiquement seul à y camper. 

Un décor magique où seuls le vent, les bruits des feuilles au gré du vent et la vue du lac m'ont bercé durant l'espace d'une nuit.

Des paysages luxuriants, l'île d'Hokkaido est bien arrosée...

Un resto typique japonais

On reconnaît les restos à leurs banderolles

Au japon, la nourriture et les choix alimentaires sont excellents

La petite ville d'Irie

Le lac Toya. Je comprends maintenant l'attrait et la popularité de cet endroit

Je ne suis pas le seul cycliste sur la route et c'est toujours agréable d'en rencontrer.





Seul campeur en tente cette journée, j'avais le lac pour moi seul !

Un tel environnement porte à la méditation







Du Lac Toya à Noboribetsu Onsen ( lac Kuttara) 65 km

Mercredi le 29 août 2018 - Hokkaido

Une journée bien remplie à tous les points de vue.

Lever à 5 heures, j’ai dormi d’un bon sommeil au son des vagues du lac Toya et du vent qui faisait chanter le feuillage des arbres sous lesquelles j’avais installé ma tente.

Tout l’équipement était sec le vent aidant et j’ai petit-déjeuner en admirant le lac qui se dévoilait sous une aube ennuagée. Des oeufs frits, du pain grillé au brûleur, café, banane et yogourt pour faire un bout de chemin vers le lac Kuttara, phénomène géologique unique au monde. 

Une caldera d’un cercle parfait rempli d’une eau claire comme du cristal. Cet ancien volcan a laissé derrière lui après son éruption une région lacérée d’une vallée profonde dans laquelle est nichée la petite ville de Noboribetsu Onsen. Onsen signifie source d’eau thermale en japonais et ici, à Noboribetsu, toute l’activité tourne autour des onsen.

De plus, concentré dans un espace de quelques centaines de mètres, jaillissent des geysers dont un permanent en plein centre. On retrouve aussi des lacs de souffre en ébullition. Plusieurs cheminées de vapeur poussent une fine bruine vers le ciel avec puissance. Enfin, des phénomènes géologiques uniques.

Pour venir ici, ce fut toute une «ride». J’ai emprunté une route scénique qui traverse la montagne. Une montée d’environ 20 km sans relâche jusqu’à 881 mètres ( plus de 2700 pieds).

Au sommet il faisait 13 degrés et j’étais dans les nuages. J’ai revêtu les habits de gore-tex pour ne pas trop refroidir après avoir eu chaud dans la montée mais surtout pour affronter la descente qui avec la vitesse et le vent congèlent.  

Ici, c’est une région où on retrouve des grizzlis et des avis avertissent ceux qui vont  en nature. J’ai eu la preuve qu’il y avait bien de ces gros ours ici par la présence de leurs déjections sur le bord de la route.

Dans les photos il y a un exemple de la nature luxuriante qui prouve que l'île est bien arrosée. J'ai d'ailleurs déjà expérimenté, bien que n'étant présent dans l'île que depuis quelques jours, l'effet des des averses et de la pluie intense. Il faut dire cependant qu'à cette période de l'année, les typhons font rage par ici.

Une fois arrivé à Noboribetsu après une descente incroyable au fond de la vallée, j’ai d’abord croisé des dames malaisiennes qui m’ont demandé un renseignement. Finalement, nous avons fait un échange de photos et de faits relatifs de nos pays respectifs.

À l’entrée de Noboribetsu, une immense statue représentant un diable tout en vert. Ici, on nomme «Hells  valley» , l’endroit où on retrouve des phénomènes impressionnant des effets de l’éruption du volcan Kuttara qui laissent une impression de se retrouver en enfer !

Ma première mission en arrivant était de repérer un endroit où passer la nuit. Par hasard, alors que faisais la girouette sur la rue, une  dame me demande si j’avais besoin d’aide. L’endroit d’où elle sortait était un temple bouddhiste qui loue des chambres. Je l'avais d'ailleurs noté dans mon guide. Son anglais étant sommaire, elle alla quérir le moine qui gère l’endroit. C’est parfait, 42 $ la chambre traditionnelle japonaise, privée. L’établissement dispose d’un onsen privé. Ce n’est pas comme les onsen touristiques avec plein de services et boutique mais c’est un véritable onsen traditionnel. C’est un bonheur de s’y plonger.

J’adore ce genre d’endroit tout en simplicité et vraiment significatif. À 18 heures, j’ai assisté à la cérémonie officié par le moine dans le temple qui occupe un étage de l’édifice. La cérémonie, sans en connaître toutes les significations honore le maître, celui qui a propagé le bouddhisme.

Le moine m’incitait à prendre des photos et m’a invité à faire le tour de l’installation dont les hommages funéraires aux défunts.

J’ai ensuite gouté aux mets qui font la renommée de la région. Des huîtres et des crevettes géantes prises du vivier situé directement dans le restaurant et déposées sur le grill  vivantes... c’est un délice !

Je passe 2 nuits ici sinon j’aurais manqué les attractions reliées aux phénomènes volcaniques qui caractérisent la région. 



La nature luxuriante de l'île

Sur la route de Noboribetsu Onsen









Un des impressionnants ponts enjambant des vallées profondes

Au sommet de la montagne que j'ai traversé durant mon trajet
La «Vallée de l'enfer» surnommée ainsi à cause de l'activité volcanique intense dans la vallée
Des malaisiennes curieuses de voir un cycliste dans la «Vallée de l'enfer»
Dans le centre-ville de Noboribetsu, une cheminée de vapeur provenant du sous-sol

La chambre traditionnelle japonaise. 
Façon japonaise, détail et finesse


Le onsen privé du temple bouddhiste. Les eaux thermales proviennent des tréfonds de la terre
et comporte des minéraux qui seraient bénéfiques pour la santé

Deux fois par jour, le moine célèbre l'office. Le moine m'a aimablement
permis d'y assister et m'a expliqué le déroulement du rituel.


Un restaurant très populaire à Noboribetsu. Des viviers dans lesquels on pêche votre repas.

La finesse japonaise se retrouve jusque dans les sushis





Noboribetsu Onsen (0 km)

Jeudi le 30 août 2018 - Hokkaido

Ma seconde journée à Noboribetsu Onsen. Ce matin il pleut des cordes et ça durera toute la journée. 

Je suis content de ne pas être sur la route mais en même temps j’aurais préférer visiter les attractions géologiques et l'activité volcanique autour de Noboribetsu sous une température plus clémente. 

Je débute ma visite par le lac Kuttara qui repose dans la caldéra du volcan et est une bijou de géologie. C’est principalement pour cette raison que je passe par ici et je ne veux pas le manquer. Une course d’une quizaine de km que j’avais tellement l’intention de faire que je n’ai pas pensé que pluie = brouillard en montagne. J’ai donc payé près de 50$ pour voir du brouilard. Vous verrez la photo où l’on ne voit absolument rien,   c’est la lac Kuttara !! Mon conducteur (photo), devait bien ricaner intérieurement, ce que politesse japonaise oblige il s’est abstenu de démontrer. Néanmoins, nous avons eu des échanges intéressants le long de la route à l’aide de Google translator.

Une fois revenu à Noboribetsu, j’ai emprunté à pied les sentiers qui sillonnent les environs vers des attractions vraiment spectaculaires. Un endroit nommé Hells vallay (il paraît cependant que ce sont de gentils diables), fait admirer les effets encore présents de l’éruption du volcan Kuttara (voir les photos). Un espace où le souffre émane de cheminées provenant des confins de la terre, des petites rivières bouillantes, un geyser qui est cependant resté sage durant ma visite, une rivière chaude. C’est une belle représentation de l’enfer.

Je me suis aussi rendu au lac Oyunuma qui est aussi une caldera (j’aurai au moins vu une caldera en venant ici - à défaut de celle du lac Kuttara). Le mont Hiroyi a crée ce lac lors d’une de ses éruptions et il est toujours actif et crache de la vapeur en permanence. C’est un lac d’eau sulfureuse de 25 mètres de profond, de 1000 mètres de circonférence. La température de son eau chargée de souffre varie entre 30 et 130 degrés celsius. Pas de baignade alors...

Dans les photos, vous reconnaîtrez le panache de vapeur qui se dégage du lac et du volcan à l’arrière de ce dernier.

J’ai terminé toujours sous une pluie de clous, ma randonnée en passant le long de la rivière d’eau chaude dans laquelle, s’il avait fait beau et chaud, j’aurais pu tremper mes pieds dans l’eau sulfurée dont la température est celle d’un bon bain ! Y tremper seulement la main m’a fait un baume jusqu’au coeur.

Revenu au temple boudhiste où je loge, je me suis mis en frais de faire sécher le linge que je portais. Même avec les habits de Gore-tex, j’étais trempé.

Je me suis ensuite détendu pour mon plus grand bien être, dans le onsen.

Au souper dans un petit resto du centre j’ai rencontré Anik et Ralph, deux montréalais d’adoption, Ralph étant d’origine allemande et Anik française. Sympathique rencontre !

D’autres photos vous montrent l’intérieur du poste de taxi avec sa fournaise au gaz. Je vois aussi régulièrement des FJ Cruiser (photo), et celui-ci a comme beaucoup de véhicules ici un petit miroir sur l’aile avant.



Le chauffeur de taxi qui m'a conduit au lac Kuttara. Chemise blanche, cravate, politesse, amabilité.
Google translator nous a bien servi dans nos discussions

Le lac Kuttara dans le brouillard. Je m'y serai à tout le moins rendu !






Le lac Oyunuma. L'eau dont la température est entre 30 et 130 degrés est chargée de souffre 
Des cheminées crachent de la vapeur autour du lac




Cette rivière est baignée d'eau chaude en permanence grâce à l'activité volcanique environnante
Des bancs ont été disposés afin de prendre des bains de pieds dans l'eau chaude

De la vapeur se dégage en permanence de l'eau thermale bienfaisante


Un autel avec des offrandes. C'est sans doute afin de calmer les diables de la vallée

L'activité volcanique est permanente dans la vallée des diables











Le mont Hiroyi, volcan toujours actif

Malgré la pluie abondante ma visite des lieux en valait la peine. J'ai vu des phénomènes géologiques impressionnants

Partout dans Noboribetsu, l'eau thermale est mise en valeur

Tout au long de mon voyage à travers l'île, je verrai des preuves de vénération du Boudha
Pause café 

Le poste de taxi. La fournaise, la basssine d'eau, la fumée de cigarette...

Tous les véhicules ont un petit miroir à l'avant. Le volant est à droite.



De Noboribetsu au lac Shikotsu (77 km)

Vendredi le 31 août 2018 — Hokkaido

J’ai de la chance, la pluie a suspendu son tambourin tard dans la nuit. Je pourrai ainsi quitter Noboribetsu sous un ciel clément. Je me félicite d’avoir passé 2 nuits au temple bouddhiste qui en soi est une expérience.  Combiné à ma visite d’hier aux alentours du village qui vit au rythme des activités volcaniques, mon arrêt ici me restera gravé en mémoire.

Aujourd’hui, destination lac Shikotsu à environ 75 km. J’avais le choix de l’itinéraire de 54 km avec un dénivelé de 1500 m positif ou celui de 20 km plus long avec dénivelé de 580 m. J’ai choisi plus long, moins haut et je ne regrette pas car sur la route vers midi, la pluie à boire debout a tenu une bonne heure... De surcroît, un dénivelé de 1500 m, c’est du sport et débutant mon voyage, ma forme n’est pas encore top et j’aurai bien d’autres montagnes à gravir dans les prochains jours.

Bref, une ride de 5 heures en grande partie le long de la mer sur le plat qui se cachait sous le brouillard durant 35 km. J’ai ensuite tourné vers le nord et la grimpe a duré presque le reste du trajet.

Les environs du lac Shikotsu du point de vue nature sont protégés. C’est un parc national et ainsi j’ai pédalé tranquille dans la forêt durant de longs km. Beaucoup mentionnent la présence d’ours dans cette région. Je n’ai vu aucun pâté d’ours sur le bord de la route, preuve irréfutable qu’ils ne fréquentent pas ce secteur. 

Arrivé au lac Shikotsu à 13:30 h, j’avais hâte d’avaler quelque chose et je me sentais un peu «buzzé». J’avais bien de quoi me mettre sous la dent durant le trajet mais c’était impossible avec la pluie infernale et l’absence totale d’abris de penser prendre une pause lunch.  

La chance était encore avec moi car une fois arrivé au Bifue camping, la pluie s’est retenue et j’ai pu monter ma tente après avoir repéré une surface où la pluie intense s’était drainée. 

Mes sacs et mes habits étaient trempés et dans ces moments, c’est plus délicat, moins invitant et plus long de s’installer. Cependant, une fois en place, une petite collation et la douche prises, c’est le bonheur. 

J’ai ainsi admiré le lac magnifique entouré de sommets volcaniques.  Le lac est le plus profond du Japon.



Sur ma oute vers le lac Shikotsu. Sans doute un grand guerrier Shogun

Une boulangerie... c'est plus rare ici. Je n'ai pas manqué de m'arrêter afin de déguster café et pâtisserie


Le lac Shikotsu


Malgré les nuages, le lac et les environs sont inspirants
Une fois installé et passablement au sec




Du lac Shikotsu à Hobetsu (100 km) 

Samedi le 1er septembre 2018 — Hokkaido

Belle journée avec le soleil ce matin qui sèche les articles trempés par la pluie d’hier.

Départ un peu tardif du lac Shikotsu (si beau), après avoir démonté le campement et échangé assez longuement avec un résidant japonais originaire du Zimbabwe dont les parents étaient indiens. Un beau mélange de citoyenneté et d’origine. Le monsieur habite le japon depuis plus de 40 ans et a fondé une école de langues à Sapporo. Il a une compagne japonaise qui se nomme Yoko. 

À entendre son histoire on se rend compte de la valeur de notre démocratie et de notre culture canadienne. Le gouvernement du Zimbabwe a banni les résidents provenant d’une origine autre que le Zimbabwe. Le monsieur s’est retrouvé dans un no mans land pendant une longue période jusqu’à ce qu’il trouve une personne à l’ambassade qui clarifie son cas.

Enfin, sa compagne m’a servi un café et des biscuits maisons et nous avons passé un bon moment.

La route ne m’a pas révélé de grandes découvertes ni de paysages sublimes mais j’ai comme je l’aime tant, roulé dans de belles campagnes pendant des heures.

Une belle surprise m’attendait une fois ma route entamée ce matin, une belle piste cyclable qui m’a permis de voguer durant plus de 20 km hors de la circulation. On y met en garde les promeneurs de la présence des grizzlis et principalement ceux qui promènent leur animal de compagnie...

J’ai croisé un sud-coréen et nous avons échangé nos coordonnées.  Ici des asiatiques de la Malaisie, Hong-Kong et de la Corée du sud sont nombreux à faire du tourisme.

J’ai traversé ou plutôt zigzagué pour éviter la circulation lourde, grâce à google map, la ville de Chitose.  

Un dénivelé de difficulté moyenne sauf en arrivant dans cette magnifique région de Hobetsu, révèle un paysage tout en relief et précurseur de montagne à franchir pour les prochains  jours. 

Le camping de Hobetsu est charmant. Une joli rivière le traverse et une belle pelouse verte fait le bonheur de ceux qui y plantent leurs tentes.

Le gestionnaire du camping remet aux campeurs une tranche de bûche avec la date de leur séjour inscrite dessus. 

À deux km du camping se trouve un bain thermal qui m’a procuré une bienfaisante sensation  après avoir roulé à la chaleur.

La photo des signes japonais indique «style occidental» pour les toilettes...

Dans la caravane de mes voisins de camping qui m'ont aimablement
offert un café et des biscuits avant mon départ ce matin

Sur ma route, de grandes fermes

Des grizzlis sont présents dans la région


Un cycliste sud-coréen qui débutait son voyage après son arrivée à l'aéroport de Chitose

Le camping d'Hobetsu est charmant


Les caractères signifient: toilettes style occidental


De Hobetsu à Hidaka (40 km)

Dimanche 2 septembre 2018 - Hokkaido

Une courte distance mais tout en montagnes. Le coup de pédale en vaut la peine car les paysages tout en relief comme m’a révélé le trajet pédalé aujourd’hui sont toujours intéressants.

De la montée sur une bonne douzaine de km sans répit avec des degrés de 4 à 6 %, des tunnels, 5 si je me souviens bien de 300 m à 2 km. À la clé, des descentes à 55 km à l’heure qui durent le temps de certains bonheurs, brefs mais intenses.

Le soleil claque, j’ai eu chaud... on ne s’en plaindra pas car Hokkaido en septembre est plutôt à la pluie.

On se croirait sur la côte-nord, le soleil est couché à 18:15 h et bien sûr on perd quelques minutes chaque jour. Les températures fluctuent entre 20 le jour et jusqu’à 15 la nuit. La nuit dernière j’ai porté ma tuque et les manches longues.

Arrivé à Hidaka à 13 h, j’avais amplement le temps d’aller relaxer au Onsen. Le Onsen est à 3 min. de marche du camping et situé dans un hôtel à même une station de ski.

Ici durant l'hiver, le ski alpin attire les amateurs de glisse. L’été, les motocross viennent arpenter les pistes à pique des montagnes.

Le camping est accueillant et bien tenu. Comme dans les autres camping, un système de tri des déchets est en place. Ici cependant, c’est encore plus sérieux. Un préposé est installé dans la station de tri du camping et s’assure que chaque déchet est bien dans le bon bac. 

L’incinération est sûrement utilisée car la mention ’tout ce  qui brûle’ revient toujours.

Tandis que je m’installais, j’ai remarqué une dame en train de ranger son matériel. Elle arrimait ses bagages sur sa moto sport grande puissance. Je suis allé lui parler et la dame japonaise était en voyage avec son bolide et retournait chez elle dans une ville de l’île située à 1:30 h  du camping. 

Je lui ai demandé si je pouvais prendre sa photo et la placer sur mon blogue.

Il est 19:42 h et je suis déjà dans la tente depuis 19:30 h environ, pas loin de faire dodo. Le calme qui règne ici incite au repos. La route 274 est à proximité mais peu fréquentée. C’est plutôt la rivière et ses rapides qui dominent le silence.

Plein de montagnes par ici

Une motocycliste. Plusieurs voyagent ainsi au Japon


De Hidaka à Memuro (85 km)

Le lundi 3 septembre 2018 - Hokkaido

En allant vers l'est dans la région où je pédale, je traverse une chaîne de montagnes . Ainsi, aujourd'hui j'ai passé le col de Nissho. Dès que j'ai quitté Hidaka par la route 274, la montée débute et jusqu'au sommet du col, c'est 1023 m à gravir sur une distance d'environ 25 km avec un dénivelé de 4 à 6 %.

Durant la montée il n'y a qu'à penser à pédaler et laisser le cliquetis des clips donner la mesure. Les yeux n'en finissent plus de sonder les montagnes autour qui semblent se dresser les unes après les autres.

Bien sûr, les camions incessants réveillent d'autres sens et c'est la vigilance qui domine les émotions.

La route 274 est une voie de transit importante dans cette partie de l'île. Je n'ai jamais vu autant de travailleurs et de chantiers sur une route. Plusieurs sections rétrécissent à une voie et les japonais sont super organisés. Un gardien avec une affiche et un sifflet demande de ralentir. Un peu plus loin, un autre avec deux drapeaux, un blanc et un rouge nous signale l'arrêt ou de s'engager.

Là comme ailleurs, la politesse est de mise, les travailleurs me saluent et m'indique aimablement quand m'engager en toute sécurité. Le tout avec un inflexion du tronc et une formule de politesse.

Les motocyclistes ont une attention spéciale pour les cyclistes. Durant ma montée vers le haut du col Nissho, une moto m'a croisé et salué. Quelques temps plus tard, le motocycliste remonte à ma hauteur en réduisant sa vitesse et me remet une bouteille d'eau bien froide, fait un virage en U après avoir vérifié la circulation et reprend sa route. Je me souviendrai de cette gentillesse.

Une fois le sommet atteint dans le brouillard et le froid, c'est une belle dégringolade qui m'attendait. Une descente de plusieurs km sans un coup de pédales. Au sommet, la température avoisinait les 13 degrés et j'ai dû revêtir le manteau de Gore-tex. Malgré cela, après plusieurs minutes à subir le vent froid lors de la descente finale, une pause s'imposait en arrivant en bas de la montagne pour laisser le soleil faire circuler un peu de chaleur dans mes membres.

Le reste du trajet s'est effectué dans une plaine fertile où la culture de la patate domine.

Il était alors 12:30 h et j'espérais faire mes emplettes pour le souper et le déjeuner de demain matin. Google map m'a aidé à repérer un petit commerce du style marché d'alimentation mais le bled était petit et les allées du magasin étaient assez basiques comme étalage de produits.

Je pensais aussi trouver un petit resto mais la température tournait invariablement au vinaigre et je décidai de pédaler tout de go vers le camping, destination finale d'aujourd'hui. Ma collation prise vers 11:30h ferait office de dîner.

Et en effet, à environ 10 km de ma destination, une douce pluie a aspergé la belle campagne japonaise.

J'arrivai au dit camping à 15 h, devant une grosse barrière fermée. Avec la pluie, je n'ai même pas tenté d'aller voir. J'avais vu sur «google maps» juste à côté du camping le mont Skypark, un resort de ski doté d'un hôtel.

J'espérais tant qu'il soit opérationnel et je m'y suis rendu. Une chambre confortable, le onsen et les repas m'occasionnent des frais de 95$. C'est tout à fait raisonnable et le onsen à lui seul en valait le coup.

Le souper m'a donné l'occasion d'apprécier la fine cuisine japonaise. Plein de petits plats aussi délicieux les uns que les autres. Divers poissons comme du maquereau, des fines nouilles, des petites salades, des tranches de porc succulentes. Un genre de dim sum et bien sûr du riz dont je  ne me lasse pas.

Demain je reprendrai la route vers Honbetsu à 75 km d'ici. Sans doute sous la pluie...



Devant un temple...







En montant vets le col Nissho. D'importantes mesures pour contrer les affaissements de terrain

La récolte des pommes de terre bat son plein



De Memuro à Honbetsu (79 km)

Le mardi 4 septembre 2018 - Hokkaido

J’ai dormi comme une pierre dans le lit douillet de l’hôtel. Le «resort» de ski est localisé en pleine campagne et côtoie les fermes de Memuro. La tranquillité des lieux déjà, est reposante.

Le petit-déjeuner a été une expérience en soi. Un petit coffret au fini laqué tout ce qu’il y a de japonais s’ouvre comme une boîte à surprises. Plein de belles petites portions autant belles à l’oeil qu’à la bouche.

Je ne me pressais pas tant de partir. Le ciel déversait encore une fine pluie qui aller perdurer toute la journée, c’était prévu.

Mon gîte chaud m’a permis de bien me préparer au 75 km que j’aurais à faire sous la pluie. Dès mon arrivée hier j’avais fais sécher le matériel et profité des facilités et de l’eau chaude à profusion pour effectuer une petite lessive.

J’ai pris la route vers 8:30 h pour me diriger vers Honbetsu. Aucun dénivelé aujourd’hui. Je pédale dans une grande plaine agricole.

J’ai porté une attention spéciale à mon Iphone que j’utilise pour me guider. Inséré dans un «ziplock» qui est lui même inséré dans le scellé recouvrant mon sac de guidon. Pour le manipuler le moins possible, j’ai branché les écouteurs et inséré un de ceux-ci dans mon oreille. L’autre écouteur est inséré dans mon manteau. Ainsi, je suis certain de ne pas manquer les instructions de google map qui parfois me font sursauter lorsqu’au bout de plusieurs km, une instruction est émise.

J’ai traversé la vile de Obihiro. Cela m’a distrait car j’en ai traversé le centre avec ses nombreux magasins aux noms américains. Beaucoup de noms de commerces français, ce qui pour l’instant demeure une énigme pour moi.

Il y avait un café Starbuck !

Une fois Obihiro traversé j’ai fais le reste du trajet d’abord sur la route nationale 38, super achalandée et sur la route 242 plus tranquille.

J’ai pris une courte mais salutaire pause dans un Seicormart qui un peu comme les 7-Eleven sont des super dépanneurs et pullulent sur l’île. Ces commerces ont un choix assez élaboré de prêts à manger frais et délicieux. Les plats sont conçus pour être chauffé sans intervention de déballage au four micro-ondes qui est toujours derrière la caisse. 

On fournit toujours les ustensiles si vous en voulez. L’opération du réchaud s’effectue le temps que vous passez à la caisse. J’aurais bien aimé un bon café mais ce petit commerce situé dans un petit village n’en préparait pas. Cependant, la dame à qui je demandais un breuvage chaud m’a dirigé vers ce qui ressemblait à un frigo. Plusieurs étagères de cannettes et de contenants de plastiques maintenus à  une chaleur assez élevée afin de consommer le contenu de ces contenants sur le champ. J’ai choisi une cannette portant une indication «tea blend». C’était buvable mais sans plus et avec une bonne dose de sucre qui me donnerait de l’énergie me suis-je convaincu.

Ma destination était atteinte à 14 heures. Le camping municipal d’Honbetsu me semblait complètement vide. Pas surprenant avec une température pareille. J’espérais y trouver un abri comme il en existe souvent dans les campings, un endroit où les campeurs peuvent se mettre à l’abri pour préparer leur repas. Aucun abri.

J’avais vu sur Internet qu’il y avait des petits chalets à louer au même emplacement. Je me mis donc en quête de trouver une personne qui gère le camping. 

Avec les inscriptions en japonais, pas facile de repérer... Je prends une chance à un endroit qui ressemble à un club de golf. Une jeune dame désherbe un jardin et m’aperçois. Elle vient vers moi et parle anglais. Je suis tombé pile et le hasard a joué car elle m’expliquait qu’elle se trouvait là car le bureau de gestion du camping et des sites municipaux où elle travaille était super tranquille et qu’elle s’était trouvé de quoi passer le temps.

J’ai donc pu louer une petite cabine à 29$ pour la nuit. Quelle chance encore, je serai bien à l’abri et quoique le petit chalet ne comporte pas de facilités, je pourrai me sécher et ne pas monter la tente à la pluie.

Je me félicite d’avoir prévu des distances pas trop longues pour chacune de mes étapes. Ainsi, comme aujourd’hui j’arrive à destination tôt et pas exténué. 

J’ai pu ainsi profiter de quelques heures avant que le soleil ne tombe à 18 h.

Il est 22 h et la pluie continue de tomber. Assez pour me faire apprécier d’être ainsi à l’abri et espérer que demain comme prévu, elle cessera durant l’avant-midi.



Mon déjeuner de ce matin à l'hôtel Skypark. C'est mignon comme tout



Une vraie boîte à surprises !

Mon logis au camping de Honbetsu.

Les mercredi 5 et jeudi 6 sept 2018

Mercredi de Honbetsu à Akan 127 km

Jeudi de Akan à Akkeshi 93 km

La nuit de mardi à mercredi a été terrible. Le typhon a donné un dernier coup avant de disparaître vers la mer à l'est. Les vents étaient incroyables et la cabane dans laquelle je dormais a craqué toute la nuit. Les portes un peu lâches ont ballotées dans leur cadre sans arrêt. La pluie poussée par le vent claquait les murs et le toit de la hutte.

Bien à l’abri j’avais de la chance.

Mercredi les nuages se sont retirés et le soleil est revenu en force, la chaleur était excessive.

J’ai rencontré Jens et Ana qui voyagent au Japon et sont étudiants à Berne. On a petit-déjeuner ensemble et ce fut fort agréable (photo de nous trois plus bas).

Je suis parti tard et j’avais 100 km à faire. Une erreur de manipulation avec google map m’a fait pédaler un 30 km en trop. Je suis arrivé à Akan à 19 h aux lampes. Double déception. Dans ma préparation de voyage j’avais cru cet endroit sur le lac Akan. Pas du tout, il est à 40 km de là.

Après 127 km et une arrivée si tardive j’ai quand même eu l’avantage de profiter du Onsen qui m’a remis sur le piton. 

Le camping était désert, un seul autre campeur y était et il m’a accueilli généreusement en m’offrant  de déplacer sa moto afin de que je puisse monter ma tente sous le «shelter». La soirée (enfin ce qu’il en restait), fut intéressante ponctuée de belles discussions.

Durant la nuit je fus éveillé par le tremblement de terre qui fait trembler l’île d’Hokkaido au complet. L’épicentre était dans la région centre nord où je suis passé il y a juste quelques jours. 

Dans ma tente, durant de longues secondes j'ai sentis le sol bouger et tout tremblait autour. 

Jeudi matin, de bienveillantes personnes sont venues nous dire les effets du séisme. Les 5 compagnies majeures produisant l’électricité sur l’ile avaient décidé de cesser leurs opérations afin de vérifier leurs réseaux.

Ainsi, toute l’île est privée de courant. Pas de feux de circulation, les marchés d’alimentation pour la plupart ne peuvent offrir de produits périssables et les gens se ruent pour acheter des provisions. 

C’est un triste spectacle de voir des tablettes entières vides dans les commerces.

J’ai donc parcouru ma route d’aujourd’hui sans vraiment voir les effets du tremblement de terre et dans une étonnante tranquillité. Il faut dire que tout est pratiquement paralysé. Les chantiers sont fermés ainsi que plusieurs commerces, industries et usines.

J’ai donc roulé dans la campagne presque toute la journée. Arrivé vers 16 h au camping d'Akkeshi, j’ai pu voir un peu cette ville située dans une baie du pacifique. Dans la partie de la ville où je me suis rendue soit son extrémité, là où se situe le camping, des chevreuils gambadent en pleine rue.

La personne qui m’a accueilli au camping (210 yens soit 2,55 $), m’a aimablement donné en prime un serpentin chasse-moustique car les maringouins pullulent ici...

Sans la voir j’entends la mer d’où j’ai installé ma tente. Le ciel est magnifique et aucune lumière, panne électrique oblige, ne vient polluer le ciel. C’est un bon endroit pour passer la nuit d’autant plus que le suis le seul campeur.

Le camping municipal de Honbetsu

Jens et Ana rencontrés au camping de Honbetsu
À Honbetsu
Sur ma route vers Akan

Après la forte pluie d'hier, les rivières regorgent d'eau




Un champ de bettraves

Au camping de Akan, un sympathique motocycliste avec lequel j'ai partagé une soirée



Entre Akan et Akkesehi






À Akkeshi les cerfs gambadent dans la rue

Ma position le 6 septembre. Je me dirige vers la péninsule de Nemuro à l'est


De Akkeshi au cap Kiritappu (45 km)

Le vendredi 7 septembre 2018 - Hokkaido

Akkeshi n’a été qu’un assez bref passage. Les maringouins m’ont fait la fête mais je m’en suis sorti grâce à la générosité du tenancier du camping qui m’a donné une spirale chasse-moustique.

J’y ai aussi vu un ciel comme je n’en ai vu depuis longtemps. L’électricité coupée à cause du tremblement de terre m’a permis d’admirer la voie lactée. Le camping désert m’a offert le spectacle à moi seul.

Je me suis éveillé avec une certaine inquiétude ce matin. Je me demandais si le rétablissement de courant s’effectuerait bientôt. Pas de courant, pas de recharge des appareils et du téléphone et GPS.

Une longue panne veut dire aussi pas de guichets automatiques opérationnels. Enfin, plusieurs impacts possibles.

Mes questionnements se sont estompés au cours de l’avant midi après un arrêt à un petit café ouvert à ma surprise. Le café Porche 1986 tenu par M. Katsuya Urita et sa charmante fille Kay. Ils ont eu la gentillesse de  m’a m’offrir un bon café ainsi que du pain grillé accompagné d’une délicieuse salade qui provient sûrement de son potager car en ce moment, pas de salade sur les étagères... 

J’ai passé un moment très agréable avec le propriétaire du café et sa fille qui me posait plein de questions en pratiquant son anglais.

Ils m’ont rassuré en m’informant que l’électricité était rétablie graduellement dans l’île et que bientôt 80 % du territoire serait desservi. 

De plus la région où je suis compte une centrale électrique et la petite ville voisine était maintenant sous tension, ce que j’ai constaté quelques km plus loin car un assez grand magasin du style marché d'alimentation avec tout pour la maison était ouvert et fonctionnel. J’ai pu acheter des denrées, de quoi souper et déjeuner demain matin. Je n’ai pas manqué de me procurer du chasse-moustiques !

Ma route longeait le plus souvent le pacifique qui quand j’y pense je retrouve depuis mon périple le long de la côte ouest américaine.

J’ai pu admirer des paysages de carte postale sur des caps verts comme l’Écosse.

Ma destination, le cap Kiritappu me ravit. Le camping est situé sur un promontoire et donne sur l’océan. 

L’endroit où je suis est aux quatre vents et ça se voit car des bâtisses sont arrimées au sol à l’aide cables.

Une fois ma tente dressée, je me suis rendu au Onsen situé à 2 km du camping.  Quel bonheur de relaxer dans les eaux bienfaisantes. 

Dans les bains je me suis retrouvé avec 5 japonais avec qui j’ai échangé sur plusieurs sujets. Il y avait des ados qui traduisaient les questions des plus agés. Un jeune homme qui était là est campé pas loin de moi au camping. Ils m’ont finalement dit ‘ you’re a funny guy ‘ !  C’est vrai qu’on s’est bien amusé.

Petite ombre à cette journée, une pluie imprévue est tombée durant ma cure au Onsen et le brouillard dense s’est installé. J’ai bien fait d’installer ma bâche afin d’avoir un abri pour cuisiner...

Je suis donc retourné au camping avec un petite pluie et le brouillard dense permettait de voir à environ 1 mètre en avant malgré ma lampe de vélo.

La chance me gratifie. Une fois arrivé au camping, une bourrasque arrache sous mes yeux la bâche qui était supposé me servir de portique et d’abri. J’ai ramassé et remisé le tout afin qu’elle ne parte pas au vent qui soudainement se déchaînait. Le temps de m’abriter dans ma tente, une pluie forte balayée par le vent tout aussi fort tordait ma tente et faisait remonter des gouttelettes en dessous du double-toit. Je suis entré dans la tente juste au bon moment. 

J’avais pourtant vérifié la météo et la pluie n’était prévue que demain matin.
Pour le vent, ce n’est pas surprenant. Là où je suis c’est une pointe qui s’avance dans la mer...

C’était supposé être l’heure de mon souper. Dans les circonstances, le riz et les petites boulettes de viande style japonais que le délectais en pensée sont restés dans mes sacs. 

J’ai néanmoins savouré dans mon abri une bonne bière et des chips, du pain, des tomates et des beignets. Faudra se reprendre pour les protéines !

J’ai dégusté le tout en épongeant les petites gouttes de pluie qui parvenait à remonter en dessous du double toit. 

Il est 20 h et la pluie s’est calmée mais la tente continue de se faire malmener par les bourrasques.

Il fera froid cette nuit, des pelures seront nécessaires.

Entre Akkeshi et Cap Kiritappu, des paysages de carte postale





sur la route vers le cap Kiritappu, M. Katsuya Urita et sa charmante fille Kay. Ils m'ont accueilli généreusement à leur petit hôtel le Porche 1986 et malgré la panne de courant m'ont offert un café, du pain et une salade de leur jardin.
J'arrive au cap Kiritappu


Signe de grands vents fréquents, les bâtiments sont arrimés au sol par des câbles d'acier

Bien installé sur le cap. Le soleil inondait le paysage en après-midi.
En soirée, la tempête s'est cependant déchaîné arrachant mon auvent



De Cap Kiritappu à Nemuro (75 km)

Samedi le 8 septembre 2018 - Hokkaido

Nuages lourds, humidité, la petite tempête d'hier traîne avant de se retirer. Levé à 4:45 h je relevais ma décision de larguer les amarres du cap Kiritappu tôt ce matin craignant les prévisions de pluie tôt en matinée.

Sur ce plan, ma confiance envers Météomédia s'effrite de jour en jour. La température de Hokkaido semble déjouer tous les météorologues.

Enfin, j'étais sur la route à 7:30 h et prêt à toutes les intempéries. La petite route 123 du bord de mer m'a ravi. Pratiquement déserte, elle m'a donné de beaux points de vue sur ce Pacifique que j'aime tant.

Le vent dans le dos, malgré de nombreux dénivelés j'étais à Némuro en après-midi après 70 km faciles.

J'ai donc eu le temps de repérer le bureau de tourisme sur lequel je suis un peu tombé par hasard. Les 'kanjis' japonais demeurent un mystère pour moi et il faut être attentif pour repérer les petites lettres en anglais...

Avec le préposé à l'information touristique, nous avons fait une session de Google translator et j'ai eu une référence sur une chambre dans un hôtel à un tarif raisonnable.

Je suis donc logé au 'Green Hotel'. C'est ok, propre et situé près de tout mais ici ce n'est pas une grosse ville et tout est près de tout !

J'avais besoin d'une pause et je passe 2 nuits ici. On ne vient pas ici sans se rendre au Cap Nosappu situé tout au bout de la péninsule de laquelle on peut voir si la température le permet, les îles dont la possession fait encore litige depuis la seconde guerre mondiale. En effet, après la guerre les soviétiques ont occupé ce territoire. J'irai donc  demain au Cap Nosappu, c'est à 23 km d'où je suis.

Le reste de mon après-midi s'est passé en faisant de la lessive et en session de séchage du matériel de camping.

J'ai profité d'un excellent repas en soirée composé de crabe qui fait la fierté de Nemuro. C'est un délice. Au resto j'ai eu des échanges intéressants avec des locaux sympathiques.

Dans les photos il y en a une avec un jeune homme. C'est Misatoshi Ito, un motocycliste qui campait juste à côté de mon emplacement avec lequel j'ai échangé tant bien que mal à cause de la langue. Il m'a gentiment demandé une photo et finalement nous sommes amis sur facebook.

Vous verrez aussi les plats locaux que j'ai dégusté pour souper.

Misatoshi Ito, un jeune motocycliste japonais qui comme moi a subi la tempête de la soirée d'hier
Vers Nemuro


Même pas vu d'ours...



Je me dis souvent que voyager à vélo est la meilleure façon d'apprécier la route et les paysages

Lunch traditionnel japonais à Nemuro




Comme un casino... Dans chaque ville de moyenne importance, il y a un endroit comme
celui-ci avec des centaines de machines vidéos au bruit assourdissant pour parier de l'argent.
Nemuro ne fait pas exception à la règle.




Nemuro pour une deuxième journée

Visite du Cap Nosappu (50 km)

Dimanche le 9 septembre 2018 - Hokkaido

Petit-déjeuner japonais, (délicieux), après une nuit dans un vrai lit. À 8 h environ j’étais en route pour le cap Nosappu situé tout au bout d’une longue langue de terre qui s’avance dans la mer.

Tout le monde dort il semble, pas un chat sur la route. Le ciel est maussade et le sera presque toute la journée en laissant échapper de pâles éclaircies. En après-midi de brèves et timides ondées.

J’ai fait la boucle du cap au sec et j’étais vraiment impressionné d’être au bout du cap vers 10:30 h. L’attraction principale à cet endroit tourne autour des îles Kouriles qui sont ‘occupées’ par les russes depuis la seconde guerre mondiale. 

Les japonais font de cet événement une forme d’injustice et réclament la restitution des îles depuis plus de 70 ans. 

Du bout du cap on peut voir les îles qui sont à 17 km de distance. Un imposant  monument tout de fer, commémoratif, a été érigé en mémoire aux pertes de l’armée japonaise.

Autre particularité, dans cette partie de Hokkaido, la récolte des algues est une véritable industrie. Même si c’est dimanche, les travailleurs (toute la famille participait à la corvée aujourd’hui), s’affairaient à récolter, à partir de leurs bateaux, les algues à l’aide de grandes gaffes.

Une fois le bateau à ras bord, le tout est transvidé une fois au port, dans la benne des petits camions munis de treuils.

Le chargement est conduit à la propriété des récolteurs d’algues et elles sont étendues sur le sol recouvert de gravier afin de les faire sécher.

Revenu à Nemuro au début de l’après-midi, je suis allé prendre le lunch dans un resto où les fumeurs sont permis comme c’est le cas dans plusieurs endroits - wouache - (dans les hôtels, il faut toujours spécifier chambre fumeur ou non).

Je me suis ensuite dirigé vers le bain public de la ville. Ce n’est pas un Onsen car l’eau ne provient pas de la présence de volcans mais il y a plusieurs bains à différentes température et un bain sauna.

Dans ces bains public, le coût d’accès est populaire à 400 hens environ (5$). Les savons ne sont cependant pas fournis comme dans les Onsen et les services se limitent à des machines distributrices. Pas de fla fla donc.

Parlant des machines distributrices, il y en a partout et de tout acabit, à l’intérieur pu à l’extérieur des édifices, en campagne ou en ville. Toutes sortes de boissons y sont offertes etc...

Hier soir en allant vers le resto je fus intrigué par un grand bâtiment qui ressemblait à un Walmart. J’ai franchi la porte pour découvrir un mini Las Vegas. Des rangées de machines à sous tellement illuminées et faisant un bruit d’enfer de sons de jeux vidéos.

Dans un autre ordre d’idées, j’ai fait l’expérience aujourd’hui de l’utilisation d’un guichet automatique pour retirer des billets.

J’avais lu dans mon guide Lonely planet que l’endroit de prédilection pour cette opération est soit à l’aéroport ou au « Seven Eleven » ce super dépanneur dont je vous ai parlé dans un de mes carnets précédents.

Dans un pays étranger, c’est  toujours (pour moi), une démarche que j’entreprends sur le bout des orteils. J’ai bien une carte supplémentaire au cas où mais l’idée de voir disparaître ma carte de guichet au tréfond de la machine me vient toujours à l’esprit.

À date pour chacun de mes voyages, ça n’a pas été un problème et après aujourd’hui, je promets de ne plus plus douter de l’efficacité des transferts monétaires même si on est à 15 heures de vol de chez soi. Bien sûr il faut s’informer avant relativement au meilleur et fiable moyen de se procurer des sous ...

Je suis donc aller affronter le guichet automatique d’un « Seven Eleven ». Incroyable ! C’est avec une facilité déconcertante que j’ai effectué un retrait. Le tout avec explications et formules de politesses en français.

J’ai découvert que « Seven Eleven » est un empire qui a sa propre banque et qui donne un service hors pair.

La transaction m’a coûté 216 yens soit environ 2,15$ ( le coût divulgué clairement avant l’opération - j’aimerais bien qu’au Canada les caisses et banques fassent de même).

À ce coût de 2,15$ s’ajoutera probablement un 5$ de mon institution financière.  Somme toute, c’est un service précieux que rend la chaîne de franchises « Seven Eleven » à ses clients et aux étrangers.

Je me prélasse et profite de Nemuro et du confort de ma chambre. Je suis prêt à faire ce qui est pour moi une deuxième étape de mon circuit soit de Nemuro à Sapporro.

Quelques particularités. Ici le dimanche ce n’est pas le golf qui est diffusé au canal sport mais bien la lutté Sumo.

Au dépanneur vous pouvez acheter du sake en bouteille d'un litre et demi !

J’ai mis une photo d’un menu de resto. Le proprio ne comprenait pas comment fonctionnait le traducteur google. Un jeune client est venu à ma rescousse et j’ai pu commander.

Il semble que je ferai le trajet jusqu’à Odeito, ma destination de demain, sous une petite pluie. Qu’importe, je dois avancer et je m’y suis préparer physiquement et mentalement. Tout le matériel est sec la lessive est faite.

Aujourd’hui est mon 18 ième jour au Japon. Le temps file et j’ai encore beaucoup à voir !


Petit déjeuner, excellent !
Sur ma route vers le cap Nosappu








Un monument aux soldats japonais


À 17 km, les îles Kouriles revendiquées aux russes par le Japon depuis 70 ans
Ici la récolte des algues est une industrie. On les fait sécher en plein air sur le gravier
Les algues sont récoltées à la main et déposées dans les bateaux

Les algues sont transbordées des bateaux dans des camions qui les apportent aux sites de séchage

Des formats impressionnanrts de Sake

J'ai besoin d'aide pour déchiffrer les menus


En soirée j'ai dégusté le crabe de Nemuro, vraiment délicieux

Le fameux crabe  de Nemuro, très recherché partout au Japon


Les machines distributrices sont partout et pour toutes sortes de produits

Camionette japonaise



La lutte Sumo, appréciée de tous



De Nemuro à Odaito (80 km)

Lundi le 10 septembre 2018 -Hokkaido

Ma petite pause à Nemuro m’a été bienfaisante. J’ai eu une journée et demie pour me distraire, manger au resto et dormir dans un vrai lit. 

Ma visite au cap Nosappu était un must et je suis vraiment content de cette excursion de 50 km en boucle en léger (sans tous mes bagages).

J’ai pu faire le point sur mon itinéraire. Je dois retourner à Hakodate le 29 septembre et jusqu’à maintenant l’itinéraire tient la route !

J’ai pu déguster le crabe local qui est délicieux.

Ça été aussi l’occasion d’une lessive et du séchage du matériel trempé par la pluie du cap Kiritappu où une petite tempête de pluie et vent forts avait sévis.

Ce matin après un super déjeuner à la japonaise à l’hôtel Green où je logeais, j’étais sur la route à 8 heures.

Direction sud ouest d’abord par la 44 pour aller rejoindre la 243-244 pour ensuite monter vers le nord est.

Les premiers 30 km m’ont épargné la pluie, les 30 prochains m’ont réservé une douce pluie mais pour les 20  derniers c’était une bonne douche.

La température se maintenait à peine à 13 degrés. Je n’ai vraiment quitté ma selle de vélo qu’après 74 km et il était midi et demie (j’avais quand même pris un petit café rapide sur la route chez 7 Eleven). Arrêter me refroidissait et pas question d’ouvrir les sacs sous la pluie pour chercher du sec et chaud. De plus il n’y avait pratiquement pas de villages comportant des commerces avant Odaito.

Donc, à l’entrée de Odaito ( la petite ville est assez animée et possède des attraits naturels digne d’un l’arrêt), un bureau de bienvenue offre de l’information touristique et des petits repas.

J’en ai profité pour retirer temporairement le Gore Tex et me réchauffer un peu avec une bonne soupe repas pleine de bonnes nouilles et de chair de pieuvre et d’autres morceaux de poisson que j’ai avalé avant d’essayer de les identifier...

Ça m’a aussi permis, une fois à l’abri de consulter à combien de km se trouvait ma destination (6,3 km finalement). Il fallait que je repère une épicerie/dépanneur afin d’y prendre des denrées, enfin, ce qui est disponible car les tablettes sont encore assez vides.

J’étais au camping à 14 heures et j’ai opté pour une petite cabine. 

Ces maisonnettes comportent l’électricité mais aucun meuble. Parfait pour moi et le vélo. J’ai loué une chaufferette, me suis improvisé une corde à linge et étendu l’équipement mouillé, pris une bonne douche et relaxé en écoutant Ici-Musique. 

Il est maintenant 21:00 h et la pluie tombe de plus belle. Selon les prévisions, il fera beau au moins les deux prochaines journées !

J’ai pu prendre quelques photos malgré la pluie. Enfin vous verrez l’intérieur de la maisonnette que j’occupe.

Dès mon départ de Nemuro vers Odaito, la beauté du paysage...

Un pont à l'architecture spéciale

Quelle beauté, si calme ! Une rivière qui se jette dans la mer

Ma maisonnette dans le camping de Odaito. Séchoir improvisé...


De Odaito au lac Husharro 98 km


Mardi le 11 septembre 2018 -Hokkaido

Beau soleil ce matin ! Quel changement avec hier. 

Levé à 4:30 h, je joue le jeux du soleil qui se lève vers 4:50 h et se couchera ce soir à 17:40 h.

Je profiterai ainsi du maximum d’ensoleillement et je suis sur la route à 6:30 h.

Ma route, dans la direction où je me dirige (nort-ouest), tourne le dos au bel océan Pacifique. Je fais un arrêt pour bien m’imprégner de son image. Quand le reverrais-je ?

J’avais prévu faire un très raisonnable 55 km mais l’idée d’aller directement au lac Kusharro situé à 100 km me trottait dans la tête depuis hier. Avec la belle température qui tiendra les prochaines journées et à l’intérêt de la destination du lac qui est un bijou, lets’ go ! J’y vais et passerai 2 nuits au lac.

C’est bon pédaler sous le soleil. J’emprunte des routes qui passent dans la campagne mais croise Nijibetsu, une ville moyenne avec beaucoup de magasins et retrouve la campagne ensuite.

Dans les champs, à deux reprises j’ai vu d'énormes oiseaux comme des autruches. Probablement les célèbres grues qu’on retrouve ici. Je revois des avertissements sur la présence des ours... encore des promesses !

Peu avant d’arriver au lac je fais mes emplettes dans un grand marché d’alimentation.
Contrairement aux super dépanneurs présents partout, ce marché avait une abondance de fruits et légumes et d’autres produits. J’en étais tout excité. J’ai trouvé du café italien moulu Lavazza, rareté ici car c’est le café instant qui est proposé dans les épiceries. 

J’ai un peu surchargé mes sacs de vélo mais il me fallait prévoir 2 jours de repas au lac.

Arrive au pac Kusharro à 15 h, j’ai eu amplement le temps de monter la tente avant le tôt coucher de soleil.

Tout près du camping se trouve un bain thermal naturel qui est adjacent au lac. C’est formidable.

Je prends mon délicieux repas, légumes sautés, riz et poulet (cuit au marché). Avec une bonne bière, c’est super.

Pas tard j’enfile dans la tente non sans auparavant admirer longuement le ciel dégagé et qui déjà fait rêver avec la voie lactée visible et les milliers d’étoiles.

Il faudra mettre des pelures pour dormir. Il fait 9 degrés à 19 heures et ça descendra...



Les grues japonaises

Au loin, la chaîne de montagnes Shiretoko

Le splendide lac Husharro

Quel endroit formidable !


Lac Kusharro 0 km

Mercredi le 12 septembre 2018 -Hokkaido

Jour de repos au lac. C’est un endroit splendide ici. Petit-déjeuner version allongée, le temps de prendre 2 cafés Lavazza !

Le lac est une caldera et son eau est claire et d’un bleu particulier grâce aux minéraux qu’elle contient.

Tout le pourtour de la région du lac le sol est chaud à cause de l’activité volcanique.
L’hiver la neige fond et des espèces animales comme des grillons et cigales demeurent une singularité ici. Une espèce de mouche s’est adaptée aux fumerolles et en ont fait leur lieu de résidence.

J’ai pu voir toute la beauté du lac en marchant sur le pourtour de la presqu’île sur laquelle des aménagements ont été faits dont le camping où je suis et un fantastique bain thermal tout à fait naturel qui donne sur le lac. J’en ai d’ailleurs profité à la fin de l’après-midi.

J’ai rencontré plusieurs personnes dont un espagnol, une jeune fille des Pays-Bas et des japonais qui sont en vacances.

Il est un peu plus de 19 h et je suis déjà dans la tente et sur le point d’entamer ma nuit. 

Demain je franchis un col de montagne, le col Bihoro. 493 mètres à grimper pour me rendre à Onneyu Onsen et le 14 à Sounkyo, un canyon situé dans le plus grand parc de l'île, le Daisetsuzan.  C'est une destination prisée des touristes et des japonais aussi. 


Quel bonheur de déguster du café expresso italien au petit-déjeuner







Coucher de soleil sur le lac Kusharro

Du lac Khussharo à Onneyuonsen Tsutsuji Park Camping Ground (104 km)

Jeudi le 13 septembre 2018 - Hokkaido

Journée spendide, pleine de soleil !

Je n’ai pas eu la nuit reposante que j’espérais. Dans la soirée, une locomotive a installé sa tente juste à côté de la mienne et de la nuit,  même avec mes bouchons bien enfoncés dans les oreilles, je l’entendais ronfler. C’est le genre de truc qui arrive en camping...

Ma journée a été très variée en terme de routes. Ce matin j’étais sur la route à 7 heures, gonflé à bloc pour affronter le col de montagne Bihoro. Je n’avais pas besoin de tant me gonfler :-), c’était facile. 11 km de montée avec un degré très raisonnable. Avec la belle température, c’était magnifique.

Une fois au haut du col on peut admirer le lac Kussharo dans toute sa splendeur (photos).

La descente était sans fin, des pointes de 55 km... concentration, car les trous ou brèches dans le bitume peuvent changer la griserie en cauchemar !

Une matinée de bonheur pour le cycliste. Le vent dans le dos, la belle température et les paysages magnifiques. Du moins pour les 70 premiers km. J’ai dû prendre la route 39, achalandée mais pas le choix, c’est la seule voie dans la vallée. Bordée de belles montagnes et de champs cultivés, la 39 est moche pour le cycliste. Consolation, une bande de bonne largeur permet de circuler sans risquer sa peau. 

Je suis épaté par le camping où je suis arrivé à 16 h. Gratuit, avec de belles infrastructures et un environnement paysagé agréable.

Un onsen se trouve juste à côté dans un hôtel luxueux. C’est le onsen le plus élaboré et le plus luxueux que j’ai fréquenté à date. Mes muscles m’ont dit merci pour la détente. 

J’ai un régime d’alimentation qui sans être copieux est quand même assez complet. Malgré cela, j’ai perdu 6 kg depuis le début du voyage. Il me semble que c’est trop. Pourtant le matin avec 3 oeufs frits, des rotis, un fruit et un yogourt. Le midi c’est vrai que ça se limite à une banane et un yogourt mais quand je passe devant un 7 Eleven, j’avale une salade et un plat avec de la viande. Le soir c’est le party avec une bière ou deux et un bon plat de riz/ viande, une salade et parfois avec légumes sautés.

Demain donc Sounkyo qui promet de belles découvertes !


Le lac Kusharro à l'aube, je quitte cette merveille ce matin
Une dernière photo avant de démonter la tente
L'annonce du col de Bihoro


Du haut du col de Bihoro, j'admire le lac Kusharro


Du riz

Un champ de légumineuses 


L'itinéraire parcouru du 8 septembre au 14 septembre



De Onneyu à Sounkyo Canyon (parc national Daitsesusan) (65 km)

Vendredi le 14 septembre 2018 - Hokkaido

Splendide journée. Soleil et dans les 10 degrés le matin pour grimper à 18 durant la journée.

La route 39, après quelques km est devenue tout à coup relativement calme pour mon grand bonheur. Une fois sorti de l’agglomération, il n’y avait plus de bandes asphaltée le long de la route et j’ai dû retourner sur la route et la partager. Compte-tenu de la baisse d’achalandage de la circulation cela me convenait très bien. Je préfère de beaucoup rouler sur la même chaussée que les autos que de rouler sur un genre de trottoir et devoir pratiquement arrêter à chaque croisement d’une entrée de maison ou de rue. De plus, ce trottoir est souvent sale de débris et fréquemment du verre de bouteille brisé s’y trouve.

Enfin, j’ai pédalé dans la belle nature et au 30 ième km j’accédais au groupe de montagnes qui font la renommée de la région du parc national de Daitsetsusan.

J’ai aperçu le panneau indiquant la pose des chaînes pour les poids lourds. C’est clair, ici ça monte et pour assez longtemps. 9 km à pic jusqu’à 1000 m.

Le paysage en haut de la montagne est fabuleux. Je passe sur des ponts semblants suspendus dans le vide tant ils sont hauts perchés.

Le temps est clair, on voit loin, plein de montagnes volcaniques autour.

Au sommet, une petite pause et remplissage des gourdes que la montée a vidées.

Malgré le soleil, je m’habille. Gore-tex fermé jusque sous le menton et « buff » remonté en dessous du nez. La descente est grisante mais peut refroidir le cycliste qui a eu chaud dans la montée.

La descente se termine par 2 tunnels dont un d’un km et demi.

Et Sounkyo apparaît tout petit à côté des sommets échancrés qui l’entoure et au coeur du plus grand parc national d’Hokkaido, le parc Daitsetsusan.

Ici se trouve le mont Kurodake, le plus haut de l’île. Un téléphérique y monte mais pas jusqu’au sommet. Les randonneurs s’en donne à coeur joie ici.

Je couche 2 nuits ici. Il fait beau, je profiterai de ce milieu inspirant.


Le parc Daitsetsusan, le plus grand de l'île. Très montagneux, des ponts enjambent des vallées profondes








Le cycliste n'est pas oublié ici, un passage spécifique  est prévu pour les vélos et piétons


Sounkyo, au centre du parc. C'est un joli petit village de style alpin et il y a beaucoup de resorts.
Ici, c'est le terminus d'autobus




À Sounkyo Canyon  - Kamikawa - Seconde journée -repos 

Samedi le 15 septembre 2018 - Hokkaido

Note: Sounkyo est jumelée avec l’Alberta. Au bureau des visiteurs, on me dit que plusieurs albertains fréquentent la région.

Situé dans le parc national Daisetsu qui signifie « Big snow mountain » (en anglais Daitsetsusan). C’est le plus grand parc du Japon avec ses 2300 km carrés. Le parc est protégé au max de l’activité humaine. Aujourd’hui avant de monter le sommet du Kurodake on nous rappelle de ne pas oublier les sacs en plastique en vue des déchets humains.

Les Ainu sont les autochtones  ici et dans leur langue, Daisetsusan se traduit par « le terrain de jeux des dieux » Ces dieux prennent la forme de l’ours brun ( dont tous craignent la présence - tous ont leur cloche à ours ). 

En parlant de l’ours, j’ai enfin vu mon ours, voyez la photo !!

La température ne peut être meilleure pour passer une journée dans le canyon de Sounkyo.

Il fait un soleil resplendissant, le ciel est parsemé de légers nuages et la température avoisine les 20 degrés.

C’est la température de rêve pour aller au sommet du fameux mont Kurodake.

Ma nuit à l’hostel Sounkyo a été des plus reposantes. L’hostel est sympathique, propre et on y croise des gens de plusieurs pays. En général dans mes voyages les hostels me comble de satisfaction. Un point intéressant, pour les cyclistes comme moi, un rabais de 50 % s’applique sur le coût de la nuitée. Le coût de 18$ par nuit que l’on me charge est dérisoire par rapport aux resorts touristiques d’à côté qui coûte plus de 200$ la nuit.

Donc après le petit-déjeuner je me rends à la station du téléphérique qui dépose les marcheurs comme moi à 1320 m d’altitude, ne pouvant consacrer toute la journée à l’ascension et la descente de la montagne.

Une deuxième étape pour raccourcir l’ascension peut être  franchie en télésiège mais je préfère débuter ma marche vers le sommet à cet endroit. J’aurai 660 m de grimpe jusqu’au sommet à 1984 m.

Le temps clair permet de voir à des km de distance et c’est magnifique. Que des montagnes volcaniques à perte de vue.

L’accès à la montagne est bien géré. On doit s’enregistrer à la station du gardien du parc et à la descente, on doit indiquer l’heure du retour.

J’atteints le sommet en 55 minutes. Le sentier est vraiment bien aménagé, en même temps naturel 
et praticable pour toute la famille.

Au sommet c’est grandiose. La nature se déploie dans toute sa splendeur. 

Il y a des plaques de neige à quelques endroits et les couleurs d’automne teintent les arbres et arbustes et c’est magnifique.

Le soleil et une légère brise qui caresse la peau, c’est un moment béni, j’ai bien fait de monter ici.

Malheureusement je dois quitter ce havre de bonheur si je veux avoir le temps d’aller admirer les fameuses chutes tout près du centre du petit village.

Les photos donnent un aperçu de ce que la nature peut faire de mieux mais que j’ai eu la chance d’admirer tout ceci de mes yeux, j’en suis reconnaissant.

Les chutes n’ont fait que relever toute cette beauté admirée aujourd’hui. Elles s’épanchent du haut du canyon jusqu’à la rivière qui coule à sa base.

Quelle merveilleuse journée.

Je retourne à l’hostel où je prendrai mon repas acheté chez Secomart, le fameux dépanneur. J’ai pu m’y procurer une bonne bouteille de Bordeaux et un repas consistant pour un prix raisonnable ( du fait que Sounkyo est dans le parc national et très touristique, les prix sont élevés).

En soirée j’ai partagé le vin avec Isaac un néo-zélandais de 22 ans qui en est à son premier voyage. Il passe 3 mois au Japon ! On a parlé de pleins de sujets. Dans la vie, l’histoire des gens, c’est ça la vie ! Chacun ses espoirs, ses projets et ambitions. On a tant à apprendre des autres.

Demain, c’est le départ pour Asahikawa, la deuxième ville en importance sur l’île où j’ai réservé une chambre au Toyoko inn, une chaîne bon marché Japonaise située dans le centre de la ville. J’y passe 2 nuits le temps d’arpenter son centre où se tient paraît-il un festival de bouffe.




Un aperçu du canyon. Tout autour ce n'est que sommets échancrés 

Vers le mont Kurodake





La journée idéale pour parcourir le parc


Au sommet du mont Kurodake, des plaques de neige
Au sommet du mont Kurodake


Les couleurs d'autonne apparaissent en hauteur



Dans le canyon de Sounkio, des chutes





De Sounkyo (Parc National Daisetsu) à Asahikawa (75 km)

Dimanche le 16 septembre 2018 -Hokkaido

J’ai quitté le canyon de Sounkyo avec un lot de souvenirs, ceux qui rendent significatifs les voyages comme ceux que j’ai entrepris. Des paysages uniques et une région particulière du point de vue géologique. 

Le canyon m’a encore gratifié de sa beauté sur quelques km à mon départ de l’hostel Sounkyo à 7:45h.

Mon itinéraire d’aujourd’hui en est un rêvé par les cyclotouristes comme moi.

J’ai pu emprunter une superbe piste cyclable sur la majorité de mon parcours et ainsi arriver en plein centre de Asahikawa ma destination.

C’est grâce à Rob Thompson, un néo-zélandais qui vit à Sapporo. Il a pédalé Hokkaido dans tous les sens et a généreusement décrit ses itinéraires sur son fantastique site web. Ainsi, en consultant son site j’ai pu recueillir pleins d’idées pour planifier mon voyage dont le détail de la piste cyclable entre Sounkyo et Asahikawa.

En bref, la température était bonne, la piste cyclable superbe le long de la rivière Ishikari. J’ai pratiquement fait l’itinéraire d’une traite et à midi j’étais à côté de l’hôtel Toyoko-Inn où je loge pour 2 nuits. Une moyenne de plus de 23 km/h en cyclotourisme sur cette distance c’est super bon. Et quel bonheur de rouler sans les voitures !

De la piste cyclable en plein centre de la ville, le long de la rivière, j’ai repéré le pont qui me semblait celui de la route 39. Une jeune fille à vélo m’a gentiment confirmé que je tombais pile. Je suis monté sur l’artère et ai traversé le pont. Je faisais la girouette à une intersection et une autre jeune fille est venu spontanément me proposer de m’orienter. En lui montrant l’adresse de l’hôtel elle me confirmait que j’étais sur la bonne voie. On ne comprenait strictement rien aux mots que l’on prononçait mais nous avons réussi à nous comprendre et elle m’a accompagné à un super joli café qui avait le Wi-Fi.

Au café j’ai d’abord dégusté un genre de crêpe et un café des dieux. J’ai ensuite repéré le Toyoko-Inn qui était à quelques minutes de marche.

Direction hôtel donc et quoi de mieux pour ma première incursion à Asahikawa, j’ai emprunté l’allée piétonne Heiwa Dori sur laquelle se déroule présentement le festival gourmand très populaire. 

Des dizaines de stands s’alignent et offrent des mets aussi variés que des fruits de mer que des grillades etc... et tout semble bon.

Au croisement d’une rue alors que je vérifiais ma position par rapport à l’hôtel, un couple vient à moi et offre son aide. Ils m’ont escorté jusqu’à l’intersection que je cherchais. Quelle gentillesse ! En chemin M Suzuki, chercheur en médecine et sa conjointe native de Budapest m’ont appris qu’ils vivaient à Boston et se sont installés à Asahikawa. M Suzuki travaille dorénavant pour l’important centre médical localisé ici.

Nous nous saluons chaleureusement et me voilà au Toyoko-Inn. 

Quelle chance j’ai. En quelques minutes, sur mon chemin se sont présentés 4 personnes avec lesquelles j’ai eu des échanges brefs mais combien généreux et chaleureux.

Le « check in » est à 15 h. Il me reste 2 heures pour arpenter la rue piétonne de Heiwa Dori et déguster des mets locaux et une bonne bière brassée à Sapporo.

J’en profite pour aller au bureau de tourisme situé à l’imposante station de train et obtenir un plan de la ville et peut être un itinéraire adéquat pour me rendre à Sapporo.

Le festival culinaire sur Heiwa Dori est impressionnant et l’ambiance est formidable. Les japonais sont d’une grande gentillesse. Même s’il y a foule, pas de bousculade et tous et chacun expriment une formule de politesse si on se frôle au passage dû à la densité élevée de personnes qui défilent devant les stands.

J’ai goûté à deux mets dont je ne peux prononcer le nom (photos), délicieux !

J’y ai vu des étalages de pieuvre géantes et à l’opposé, des poissons séchés minuscules et croustillants comme des chips.

En soirée je suis allé souper dans un des restaurants de l’allée Furarito dans laquelle se trouve plusieurs petits restaurants à l’ambiance sympathique.

J’étais au comptoir et devant mon attitude circonspecte devant le menu, une dame m’est venu en aide.  

Elle a enchaîné en me demandant si j’étais en voyage et ... et finalement tous les clients du comptoir et le propriétaire s’en sont mêlés n’en revenant pas que je pédale Hokkaido. C’était vraiment sympathique et le propriéfaire m’a donné un appui baguettes avec le nom du resto (Hibou) inscrit dessus. La nourriture était succulente. Crabe avec asperges à la manière Tempura et gratiné à la façon Hokkaido.

Quelle belle manière de terminer cette magnifique journée.


Au départ de Sounkyo, je longe pour quelques km le canyon

La piste cyclable entre Sounkyo et Ashihakawa


Sur la piste cyclable entre Sounkyo et Asihakawa
Affichage typiquement japonais

Le festival culinaire sur Heiwa Dori, pour découvrir des mets japonais



De la pieuvre, met recherché ici

La foire alimentaire de Asihakawa. On y retrouve des curiosités...

Mini poissons style chips...
Ci-bas, des vidéos de l'allée Hewa Dori et sa foire alimentaire... et la foule !




En soirée, souper dans un resto de l'allée Furarito, renommée pour ses petits restos 




Lundi le 17 septembre 2018 - Hokkaido

Jour de repos à Asahikawa
L’hôtel Toyoko-Inn où le loge m’impressionne. Pour 75$/nuit j’ai une chambre « single » avec salle de bain privée, l’air climatisé, une vue sur la ville et le petit déjeuner copieux est inclus. Pour le Japon, c’est très bon qualité/prix. La localisation en plein centre permet d’accéder à tous les services et attractions à pied.

Parlant du coût de la vie, le Japon n’est généralement pas une destination bon marché.

Cependant en voyageant à vélo et utilisant surtout les campings dont le prix est dérisoire, la question du budget demeure abordable.

Une canette de bière coûtera 3,50 $ au dépanneur. Au resto 6$ environ pour le même format.

Un café, un vrai, que l’on retrouve seulement dans les grands centres vaut un entre 3 et 4$. Sur la route, en milieu rural et dans les petites villes je faisais une pause au Secomart ou 7/Eleven qui pour 100 yens (un peu plus d’un dollar) servent un café qui sort d’une machine mais dont les grains (arabica), sont broyés durant le processus de préparation. Le café qui en résulte est très bon. 

En région dans un resto, si on demande un café, on vit un moment de grâce. Le restaurateur ( mais c’est plutôt des dames qui gèrent les restos), prendra le temps de broyer des grains à l’aide de son moulin à manivelle. Il fera ensuite bouillir de l’eau, coulera doucement celle-ci dans le filtre d’une cafetière (pas électrique mais qui va sur le rond du réchaud), attendra un peu et le versera doucement dans une belle tasse, vous le présentera tout doucement et vous le dégusterez avec passion.

Pour les repas au resto, les japonais savent bien que leur fruits de mer sont recherchés et normalement, le coût est d’environ 30 ou 40 $ selon la boisson que vous consommez. Qualité et bon goût garanti.

Au quotidien, je faisais la pause midi au Secomart ou 7/Eleven qui ont des mets préparés de très bonne qualité à des bas prix. On vous fait cuire votre mets au micro-ondes et les baguettes et serviettes humides sont incluses. Vite fait et délicieux lorsque l’on pédale et qu’on a faim.

Aujourd’hui j’ai profité de la belle température pour marcher jusqu’au « Memorial du peuple Ainu » situé à environ 45 minutes de marche de l’hôtel. Rien de nouveau sur la planète... commentant d’autres indigènes, les Ainus ont été refoulés dans des réserves et assimilés par les avancés du néo-libéralisme. Le musée que j’ai visité rappelle l’existence de ce peuple qui comme les autochtones du Canada maintiennent à bout de bras leur tradition.

Ma visite au musée a été précédée d’une visite au café Tyrol. L’endroit est particulier. Le propriétaire préserve l’immeuble qui date de 70 ans de façon impeccable et il en a fait un café dans la tradition des cafés des grandes capitales. Planté au beau milieu de la ville et entouré de restos plus ou moins éphémères, ce genre d’établissement prouve bien que que ceux qui ont des rêves à réaliser et une vision peuvent réussir.  L’endroit est un havre de calme et de paix avec un coin jardin.

Bref, moi qui cherche depuis le début de mon voyage du café moulu de qualité à mettre dans ma cafetière italienne de camping, j’ai acheté 300 g de grains brésilien que le proprio a moulu à la mouture expresso.

Revenu au centre après ma visite du musée Ainu, j’ai encore profité de la foire alimentaire qui se déroule sur Heiwa Dori tout près de l’hôtel. 

Je termine mon après-midi en préparant mon départ de demain. Entretien du vélo, petites courses pour un peu de nourriture lors des pauses. 

Ce sera une longue journée car je ferai les 130 km pour me rendre à Sapporo afin de m’assurer d’un jeu d’une journée dans ma planification et bien profiter de cette belle ville durant 2 joues et 3 nuits.

Un des ponts de Isahakawa traversée par une belle rivière
Détail d'une clôture de parc, Asahakawa
Le café Tyrol, du bon café ! Recommandé par Lonely Planet. J'ai trouvé mais il fallait le dénicher...

Une petite douceur au café Tyrol
Au musée Ainu






Chauffe sake

Mardi et mercredi 18 et 19 septembre 2018 - Hokkaido

Mardi De Asahikawa à Sapporo (133 km)

Mercredi jour 2 à Sapporo (0 km)

J’ai quitté Asahikawa gonflé à bloc. J’allais pédaler plus de 130 km sur des routes pas nécessairement bucoliques pour la pratique du vélo mais, en toute connaissance de cause. Mon but était de passer 3 nuits à Sapporo et de prendre une journée d’avance sur mon itinéraire.

Chanceux, le soleil et une température pas trop élevée étaient au rendez-vous.

La sortie de Asahikawa a été facile, j’avais 3 routes à suivre ( le trajet le plus direct), la 12, la 451 comme transition et la 275. Google map m’a permis de garder le cap.

Je ne recommanderai pas la route que que j’ai suivi à un cycliste. Deux tunnels sans voie d’accotement de même qu’un long pont (le camion qui me suivait a été très patient. La route 275 variait en terme de sécurité. Parfois aucun accotement, parfois une bordure en mauvais état.

Deux pauses pour débuter, une après 40 km, une seconde à 80. Une pause dîner au km 100 aux allures d’ogre - j’ai enfilé un super dîner.

Une chose spéciale est survenue durant mon trajet. Une libellule m’a percutée -entre mon casque et le haut de mes verres fumés. 

Plusieurs km plus loin je me suis rendu compte qu’ébranlée par le choc, elle s’était agrippée à mon chandail près de mon épaule. Elle y est restée tout le voyage.

Les 30 derniers km Sapporo se faisait sentir avec une circulation qui augmentait d’autant plus que j’abordais cette étape vers 16 heures lorsque les travailleurs se déplacent.

Google map m’a éloigné de la tourmente des grands axes pour me faufiler le long de ces dernières et finalement j’étais au coeur de Sapporo.

J’ai rejoint l’hostel, bien cachée non loin de la station Sapporo -immense- à 17 heures après 133 km.

J’ai retiré doucement la libellule encore vivante de mon chandail. Elle s’agrippait fermement à mon doigt. Je l’ai déposée sur une feuille d’un arbre près de l’hostel. En soirée elle s’y agrippait toujours. Au matin elle n’y était plus et j’espère qu’elle s’est remise.

Ten to Ten est un hostel sympathique et je dirais branché. Les installations sont récentes la déco de bon goût et c’est central. J’aime ça et tout cela pour une moyenne de 40$/nuit pour 3 nuitées, une bagatelle. Autour les hôtels coûtent 4 et 5 fois plus la nuit.

Pas besoin de vous dire que le sommeil n’a pas été difficile à trouver.

Mercredi soit aujourd’hui, je me suis d’abord procuré un super déjeuner dans un super dépanneur aux alentours. 

L’hostel dispose d’une petite cuisine et j’en ai profité. D’abord j’ai gouté au café brésilien expresso que je me suis procuré au fameux café Tyrol d’Asahikawa. C’était divin.

Je devais ensuite passer au bureau de tourisme situé dans la station de train. La personne qui m’a répondu ma vraiment renseigné et procuré une carte utile pour ma prochaine étape soit Chocotan sur la côte ouest de l’île de HokkaIdo.

Généreuse, la dame m’a même trouvé un salon de coiffure car ma barbe et les cheveux avaient besoin d’attention ! Je savais que je devais m’éloigner du centre afin que le coût de l’opération soit abordable et elle a bien cerné le besoin...

L’opération coupe de cheveux et barbe s’est avérée être un exercice complexe de communication qui s’est terminé une heure et 45 plus tard. Le jeune homme était si dédié à sa tâche que j’en étais médusé. 

 E n’est pas qu’une mince affaire de mettre le pied dans un salon de coiffure ici. On dirait un rituel peaufiné au quart de poil. Tout est fait cérémonieusement et chacun a son rôle. Le personnel papillonne autour de la chaise et rien n’est laissé au hasard.

Le coiffeur est venu me reconduire sur le pas de la porte et après maintes salutations nous nous sommes quittés.

Retour au centre de la ville pour un petit lunch au café Danmark - super endroit.

L’après-midi était déjà bien entamée et je ne voulais pas manquer d’aller au parc Odori. Un havre piétonnier célèbre pour accueillir toutes les grandes manifestations que la ville promeut.

C’est vrai que c’est un endroit à ne pas manquer mais cette semaine, c’est un festival de bouffe comme celui d’Asahikawa qui m’a saturé d’odeur de BBQ et de prix prohibitifs. J’ai donc déchanté un peu.

Cependant, dans ce même parc, le secteur de la tour de la télévision était libre de ces stands de nourriture et j’ai bien aimé.

Juste un peu plus à l’ouest se trouve « River Park » et ça j’ai bien aimé. Une petite rivière qui coule en plein milieu de la ville et qui est bordée par d’agréables aménagements.

J’ai terminé mon après-midi en allant faire des courses en vue de préparer mon souper à l’hostel. Je me suis procuré une bouteille de vin importé de France -Luberon- pour environ 10$, prix courant ici pour le vin ( la même bouteille vaut le double au Québec).

J’ai eu la chance que la température soit au beau fixe. Espérons que ça durera ! 




L'hostel Ten to ten

À Sapporo, le vélo est très utilisé mais les cyclistes circulent n'importe où. Sur les trottoirs, il faut les surveiller.

Strictement réglementé... Qui attache son vélo à un endroit inapproprié le perdra

Parc Odori, tour de la télévision


Sur mon épaule, la libellule blessée mais bien accroché durant plusieurs km jusqu'à Sapporo

Une rivière dans Sapporo


Autour de la gare, immense

Une coupe de cheveux et un rasage ... tout une cérémonie !

Un fumoir urbain

Style Bixi japonais

La gare de Sapporo

Sapporo, ville animée


Jeudi le 20 sept 2018 - Hokkaido

Sapporo jour 2 (0 km).

Soleil, température dans les 20 degrés, que demander de plus pour cette dernière journée à Sapporo.

J’en profite pour marcher jusqu’au musée d’art moderne situé à 30 min de l’hostel.

Avant de me rendre au musée d’art moderne, je visite d’abord le musée dédié à Migishi Kataro, un peintre originaire d’Hokkaido. La collection est riche et Migishi Kataro est adulé ici.

Après le lunch je me rends ensuite au musée d’art moderne. Une exposition des oeuvres des peintres « du nord », Hokkaido m’a donné l’occasion de découvrir les plus influents peintres de ce siècle tous originaires de l’île du nord.

Sous le soleil j’ai ensuite arpenté les rues quadrillés comme un échiquier du centre en passant par le parc Odori que j’avais un peu boudé hier. J’ai admiré l’oeuvre de Nogishi Isamus, Black Mantra, une glissoire monumentale en granit noir qui fait la joie des enfants.

En fin p.m. je termine mes préparatifs pour mon départ de demain.

J’attendais plus de Sapporo, trop peut-être. J’en garderai le souvenir d’une ville un peu clinquante dont les prix sont élevés. J’étais, il faut le dire au coeur de la trépidante citée, de son activité commerciale et du monde des affaires.

En soirée je vais jeter un dernier regard sur la ville. La tour de télévision située dans le parc Odori est un des repères de la ville. On peut y monter et avoir une vue 360 degrés sur la cité. 

Ce sera l’occasion de m’imprégner des images de cette ville, les dernières que j’aurai probablement l’occasion de voir.

Demain matin je reprends la route pour la dernière étape de mon périple. Une semaine sur la côte ouest de l’île qui donne sur la mer du Japon. 

Je me dirigerai vers la péninsule de Chatokan. J’ai bien hâte de pédaler en campagne dans le calme.





Une oeuvre de Migishi Kotaro, un peintre originaire d’Hokkaido



Musée d'art moderne de Sapporo




Oeuvre de Nogishi Isamus, Black Mantra, une glissoire monumentale en granit noir qui fait la joie des enfants.

Ma dernière soirée à Sapporo,  du haut de la tour de la télévision du parc
Odori, je contemple la ville une dernière fois




Vendredi le 21 sept 2018 - Hokkaido

De Sapporo à Shakotan (Cap Ogon) 80 km

Journée radieuse, c’est parfait !

Je quitte Sapporo le coeur léger, heureux de gagner des espaces plus naturels et moins trépidants.

La sortie de la ville s’est fait sans souci. Mon départ à 8 heures coïncidait avec l’horaire des travailleurs qui se ruent vers leur lieu de travail.

Vraiment, les déplacements cyclistes à Sapporo c’est du n’importe quoi. Les cyclistes roulent n’importe où et n’importe comment. Les pauvres piétons sont aux aguets...

J’ai principalement suivi la route 5 vers le nord ouest pour m’éloigner de Sapporo et me diriger vers Shakotan.

Après 30 km, quel bonheur j’aperçois la mer du Japon. Que c’est bon de sentir le vent salin et l’odeur d’algues. Avec le soleil, la mer qui s’éclate de mille scintillements,  je suis heureux de pédaler à ses côtés.

J’ai bien passé une dizaine de tunnels plus ou moins longs. Un seul était sans espace pour les vélos, sinon, une bande assez large permettait de traverser en sécurité. L’éclairage était aussi très bien.

Une fois à Shakotan, ville de pêcheurs avec un port bien occupé. Les pêcheurs étaient au travail et j’ai pu assister à la préparation des filets par une famille. Il me semblait voir au moins 3 générations qui s’activaient joyeusement à la tâche (photos).

Je cherchais le Seicomart et près du port j’ai remarqué une petite entreprise de plein air (Nature Ocean). C’est une entreprise qui fait des excursions de plongée sous-marine. Je me suis dit que quelqu’un devait parler anglais à cet endroit et pourrait me renseigner.

J’entre dans le bureau et un jeune homme m’accueille. Je lui demande donc s’il pouvait m'indiquer où était le Seicomart. Notre entretien s’est tout de suite transformé en une discussion passionnée sur les aventures de l’un et de l’autre.  

Nori, c’est son nom, adore le Canada. Il a marché de l’Alaska jusqu’au confins de la terre de feu. Il m’a montré plein de photos de ses aventures

J’ai passé la nuit dans le parc / camping public de Shakotan. À part un renard que j’ai dû chasser durant la nuit et qui aurait bien aimé manger mes provisions, j’y ai fait de belles rencontres.

Une petite famille qui campait tout près sont venus, avec les enfants tout fiers, me porter les aliments populaires ici et cuits sur le BBQ. Un morceau d’épi de maïs, une aile de poulet cuite à point et délicieuse et un sushi. 

J’y ai aussi rencontré KC et Tony, deux cyclistes de Singapour. Vraiment sympathiques, nous avons échangé sur toutes sortes de sujets.

Mon vélo m’est utile non seulement pour me déplacer. J’ai utilisé ma roue de vélo comme table pour mon repas de ce soir ! 





Nori, un grand voyageur. Nori ne m'a pas laissé partir sans me donner de l'eau, du spaghetti et de la sauce.

Nori dirige une entreprise de plongée sous-marine durant l'été

Shakotan est vraiment un lieu idyllique




Sur les quais, on prépare les filets de pêche



Pour la pêche aux calmars, ces bateaux illuminés de lumières puissantes
sortent la nuit et attirent ainsi les calmars dans leurs filets.


Le samedi 22 septembre 2018 - Hokkaido


De Shakotan (cap Ogon) à Kemoenai (60 km)

Résumé de la journée...

De belles rencontres...

Les fameux caps Shakotan et Kamui, deux merveilles de la nature...

Des tunnels, une bonne dizaine aujourd’hui seulement dont un de plus de 2 km.

Les photos parlent d’elles mêmes.

Je couche dans un parc public sur le bord de la mer. Ce n’était pas mon choix mais le camping où j’avais pensé aller est fermé...

Le bureau d’info touristique de la place a été plus ou moins fort ... Ils m’ont bien donné l’info sur le camping fermé après avoir vérifié eux mêmes et ils m’ont dit que c’était possible de camper là où je suis dans le parc public où une toilette est ouverte 24/7. 

Cependant, à ma demande quant à une épicerie, ils me disaient qu’il n’y en avait aucune, simplement. J’aurais survécu mais c’était faux. 

À Komoenai j’ai trouvé une petite épicerie où j’ai pu me procurer de la bonne nourriture pour le souper et le déjeuner.

À Hokkaido, les parcs sont présents dans pratiquement chaque ville et les toilettes sont disponibles, comme à Komoenai, c’est impec !

J’ai même eu droit à un abri qui m’a été plus ou moins utile car le vent cinglant dispersait la pluie dans tous les sens... car petites ondées et crachins il y a eu par intermittence.

KC et Tony, des voyageurs à vélo originaires de Singapour
Sur la route vers Komoenai le long de a mer du japon
















L'accès au parc du Cap Kamui
Le cap Kamui, une merveille de la nature







Kamoenai, le parc public 

Le dimanche 23 sept 2018 - Hokkaido

De Komaenai à Shimamaki (94 km)

Une journée comme je les aime.

C’est vrai qu’elle a commencé par un petit déjeuner ponctué de crachins intermittents et une température qui hésitait entre pluie et soleil.

La route a été l’occasion de rouler le long de la mer toute la journée. C’est dimanche et les gens sont moins stressés sur la route et les camions sont au repos pour la plupart.

Encore des tunnels, une bonne douzaine dont un de plus de 3 km.

Les paysages sont superbes et la mer change de couleur pour devenir parfois émeraude.

Arrivé à destination vers 15:45 h, j’ai tout le temps de m’installer pour la soirée et la nuit.

Je campe dans un parc public  à Shimamaki. C’est un parc doté de toilettes (eau froide... mais croyez moi, c’est tellement bon de se laver à froid après une journée de vélo...).

L’endroit est à l’image de ma journée. Je suis sur le bord de la mer, j’entends les vagues qui déferlent, le coucher se soleil était magnifique et la lune est sortie  de derrière les montagnes ... le bonheur.

Vers 21 h, les policiers du secteur sont venus me rendre visite m’indiquant qu’un ours rôdait dans le secteur. 

Dans le parc où je suis, ça me fera deux bêtes à affronter: les serpents (j’ai vu l’affiche une fois ma tente installée), et les ours.

En réalité, ce sont les fourmis avec lesquelles j’ai eu maille à partir durant mon souper. Pour les tenir à distance, j’ai aspergé du chasse moustique tout autour de ma tente et j’ai tracé un périmètre autour de l’endroit où je cuisinais.

Ceci dit, les policiers sont vraiment affables de venir aviser personnellement les occupants du parc comme moi. Ils m’ont dit de les appeler au 110 si nécessaire. Très gentils !

Si un ours vient me voir cette nuit, je vous le dirai demain à condition qu’il ne m’ait pas dévoré.

À moins qu’un serpent ne veuille ma peau ou que les fourmis contre attaquent.


Un séchoir à poisson original

Le parc public est bien accueillant malgré les fourmis et l'avertissement de serpents et d'ours qui rôderait dans la région !







À surveiller... les serpents

La lune brille ce soir





Le lundi 24 septembre 2018 - Hokkaido

De Shimamaki à Setena et ferry jusqu’à l’île d’Okushiri (54 km)

Éveillé à 5 heures, j’ai pris le temps de marcher sur le bord de la mer, apaisante et réconfortante.

La température oscillait entre nuages sombres et éclaircies. J’ai eu le temps de démonter le campement et me réfugier sous l’abri adjacent aux toilettes avant qu’un nuage ne crève. 

À 7:30 h sur la route j’avais tout mon temps car le ferry qui partait de Setana pour l’île d’Okushiri vers laquelle je me dirige part à 14 h.

Ma route a encore longé la belle mer sombre qui imitait la couleur des nuages. J’ai dû faire plusieurs arrêts, vêtir et dévêtir les habits de pluie jusqu’à ce qu’il pleuve abondamment vers 10:30 h.

J’arrivais alors à Setana. Repérage du terminal du ferry, prise du billet, séance de mimétisme avec la préposée à la billetterie pour se comprendre, réussie !

Je n’avais qu’à attendre le ferry mais avant j’avais le temps d’aller casser la croûte et de profiter du soleil qui s’est montré pour me sécher.

Photos des populaires monolithes de Setana et direction terminal pour attendre le ferry.

Un motocycliste et les préposés à l’embarquement sont intrigués et examinent mon vélo, mes bagages, me demande d’où je viens, où je vais, où je suis allé. Ils s’exclament, ça n’a pas de bons sens, « you are crazy ! » C’est sympathique et j’aime ces échanges.

Le ferry arrive, j’embarque et un préposé prends bien soin d’attacher mon vélo, couvrir la barre de plusieurs pièces d’un tissus ressemblant à de la peau d’animal. Il place même des blocs à l’avant et l’arrière des roues !  Vraiment minutieux...

Les espaces de repos sont à la mode japonaise. Un grand espace avec des petits coussins. On enlève les souliers bien entendu avant de mettre le pied sur le plancher de l’espace de repos.

Durée de la traversée, 1:30 heure. Le ferry est propre et fonctionnel. Tout est bien géré.

Au débarquement, le responsable du personnel du terminal vient me souhaiter la bienvenue sur l’île et il me donne sa carte d’affaire. Il me demande si j’ai quelques minutes à lui consacrer. On se dirige vers ses bureaux et il me demande ce qui m’a amené ici et comment j’avais obtenu l’information pour être attiré par cette destination. 

À un certain moment je me demandais si c’était une vérification de sécurité...

Le monsieur me dit alors
 -un moment
il revient avec sa caméra et me dit
 - l faut que je mette ça sur Facebook ! 

On se quitte non sans se faire 3 ou 4 salutations et il ne cessait de me dire c’est incroyable ! 

Il me restait 2 heures avant le coucher de soleil qui se retire maintenant à 17:30 h. Je vais chez Secomart, pédale vers le nord à un parc public qui offre le camping gratuit. 

Les services sont basiques mais c’est très bien pour les voyageurs comme moi qui connaissent ce genre d’endroit. Les toilettes sont ok, il y a de l’eau (froide), un espace couvert avec de grands éviers et de l’eau (froide), où laver la vaisselle, un espace ok pour planter une tente. Le wow est la mer à côté, le son des vagues, la tranquillité. Les couleurs rosées qui tapissent le ciel malgré les nuages noirs sont incroyables. 

En prime la lune est sortie timidement des nuages qui se dispersent en soirée ! Sur la mer, brillent de mille feux les bateaux de pêche avec leur lampes fluorescentes qui attirent les calmars.

C’était la menace de pluie toute la fin fin de l’après-midi et début soirée et ça c’est dégagé. Espoir d’avoir une belle journée demain pour me rendre au nord.


Sur ma route vers Setana

Sur le traversier entre Setana et l'île dOkushiri. Espaces de repos à la japonaise

Le traversier




On prend bien soin de mon vélo

Là où je campe ce soir. Le ciel est incroyable ! Au loin les lumières des bateaux de pêche aux calmars brillent.



Mardi le 25 septembre 2018 - Hokkaido

Île Okushiri (20 km)

Je me sens comme en vacances. Je n’ai pas de longs déplacements à faire aujourd’hui. Il fait beau et j’ai amplement le temps de faire le tour de l’île aujourd’hui et demain ( car je prends le traversier après demain). Sur l’île d’Okushiri, tout est au plus à 20 ou 30 km de distance.

C’est le soleil qui plombe sur ma tente qui m’en fait sortir. Quel belle matinée, soleil et mer, quelle belle combinaison.

L’endroit où j’ai dormi ne paie vraiment pas de mine mais j’ai passé une nuit paisible et rassérénante.

Une fois la tente rangée et les sacs de vélo attachés je me dirige vers le centre de Okushiri. J’ai de petites courses à faire et des infos à prendre au bureau de tourisme situé au terminal du traversier. Je me dirige vers l’extrémité nord de l’île où je camperai et je désire savoir s’il y a des services.

J’y croise Ko Jonno, le responsable du personnel du terminal qui m’a abondamment questionné hier et qui voulait ma photo pour mettre sur Facebook.

Aujourd’hui, Ko m’a demandé de mette un petit collant indiquant mon lieu d’origine sur une mappemonde située dans la salle d’attente des bureaux du traversier.

Une fois les renseignements dont j’avais besoin pris je me suis procuré des provisions pour le repas du soir et de demain matin que je prendrai au camping du parc commémoratif Sainokawara. ( je n’ai pu savoir ce qu’il commémore car tout est écrit en japonais).

Il est déjà près de midi. Avant de quitter vers le nord de l’île, je me rends dans un petit café suggestion de la dame qui tient le Secomart...

Le café m’impressionne, touche japonaise mais très actuel dans le décor, l’ambiance et la cuisine. Tout est recherché sans tomber dans l’exagération. Du bon jazz y joue et il y a plein de revues des tendances mondiales tant dans la mode que la cuisine.

Un café atypique dans ce milieu, digne des bons cafés en Amérique.

La propriétaire a l’air d’une ado et possède de toute évidence plusieurs talents. Elle confectionne des souliers, des mini sacs à main qui servent de porte-clefs, du tricot...

Je lui demande où elle a pris l’idée de donner ce cachet à son commerce. Elle me dit qu’elle est autodidacte.

Sa cuisine faite maison est délicieuse et son café aussi.

Vers 13 h je pédale lentement vers le bout de l’île qui à seulement 15 km. C’est formidable de pédaler le long de la mer qui brille sous le soleil.

J’arrive tôt au parc. Je laisserai couler le temps au son des vagues que j’admire se fracasser sur les rochers.

Ici c’est le vent en permanence. La tente sera bien arrimée...

Je prépare mon souper avec comme décor la mer et le coucher de soleil fabuleux.

À 18:30 h je suis dans la tente. Le soleil est déjà couché depuis une heure et tout est noir autour sauf la lumière du phare qui guide les bateaux.

Seule la mer me tient compagnie, pas âme qui vive autour, je suis seul dans le parc.

Demain, la température sera semble t’il au beau. Ce sera encore une belle journée pour terminer mon tour de l’île.



Sur ma route vers le nord de l'île le temple de Myhatsu Bentengu. Cette pointe rocheuse était, dans les sièclespassés  un point névralgique car on pouvait y observer la circulation des bateaux dans le canal

La pointe nord de l'île d'Okushiri est un endroit de rêve pour passer la nuit



Le soleil se couche sur la pointe nord de l'ile. Demain matin je n'ai qu'à regarder à l'opposé pour le voir se lever.



C'est un endroit magnifique ici, je baigne dans la nature. Autour de moi le ciel, la mer, les montagnes
Une arène pour la lutte Sumo





Le mercredi 26 septembre 2018 - Hokkaido

Île Okishiri (70 km)

Le parc Sainokawara m’a comblé. Durant la nuit, j’ai pu admirer la pleine lune et ce matin j’étais éveillé un peu avant le lever du soleil qui se montre les rayons à 5:30 h.

J’ai pu admirer sa chaude lumière qui sortait de l’arrière des montagnes de l’île d’Hokkaido visible du parc où j’étais.

Ce parc  situé sur la  pointe de l’île permet de voir la mer presque sur 360 degrés et offre les premières loges pour admirer le coucher et le lever de soleil.

L’île m’a permis d’avoir un rythme relax.

Ainsi, aujourd’hui, encore sous un soleil éblouissant j’ai pédalé vers le sud pour me rendre à l’extrémité de l’île et remonter par le côté est.

C’était fabuleux de rouler le long de la mer. Longeant ma route, des monolithes et des paysages de rêve. 

Pratiquement pas de circulation, à peine quelques autos...

Je couche dans un Ryokan, un petit hôtel japonais à 3 km du terminal du traversier. 

Du fait que le traversier part à 6:50 demain matin je préférais me loger en hôtel et ainsi être prêt tout de go demain matin. 

Pour 42$ j’ai une grande chambre. C’est tout propre et j’ai la vue sur la mer ! La salle de douche est du style Onsen. La dame m’avait fait couler un bain d’eau très chaude. Avant d’y plonger, je devais comme dans les  Onsen me doucher minutieusement ! Le bonheur !

Finalement, j’ai pu faire une lessive qui était bienvenue pour environ 3$.

Pour le dîner, j’ai trouvé un resto où j’ai mangé non sans un long palabre pour se comprendre avec le personnel du resto. C’est finalement une gentille dame que quelqu’un a quérie aux alentours qui a aidé à nous faire comprendre.

J’ai mangé un calmar délicieux. Ici le calmar est un met pêché localement. Les bateaux sont équipés de puissantes lampes d’un bout à l’autre et c’est ce qui attire les calmars qui sont agrippés par des crochets qui remontent dans le bateau. Très impressionnant.
Je termine ma soirée dans le pyjama fourni par le petit hôtel ( c’est la pratique ici).


Lever de soleil sur la pointe nord de l'île d'Okushiri



Le rocher Naibetsuru qui caractérise l'île







Du calmar, c'était vraiment délicieux



Le jeudi 27 septembre 2018 - Hokkaido

De l’île d’Okushiri à Esashi par traversier 
De Esashi à Matsumae (70 km)

Je garderai un beau souvenir de l’île d’Okushiri. La mer, le soleil, le camping nature et sauvage du nord.

Je longe la mer, j’aimerais bien voir une baleine mais aucun signe. La mer est belle et lisse.

Le ciel est lourd et pressentant la pluie en fin de journée, j’ai réservé une chambre dans un Ryokan, hôtel typique japonais..


Peu d’habitations, peu de circulation, j’aime rouler dans ces conditions.

À 14 h je suis près de Matsumae et de loin, je vois le ciel  crever et la pluie imminente. Je revêts les vêtements de pluie et c’est la tempête. J’entre dans Matsumae en aveugle. Je ne peux lever la figure tant la pluie me frappe et pince.

La pluie durera jusque dans la soirée. Je suis content d’être à l’abri au Ryokan.

Le dîner était tout japonais. Calmar, ormeau (crustaçé que je découvre), miso et plein d’autres mets dont j’ai oublié le nom.

Demain, Hokadote ! Je bouclerai ainsi la boucle de mon périple...

Encore une fois et pour mon bonheur, j’ai longé la mer sur les 70 km de mon trajet


L'entrée du parc de Matsumae

Le chateau de Matsumae construit par les derniers Shogun (époque Edo)
La forteresse servait à contrôler tous les déplacements vers et à l’extérieur de Hokkaido

Hébergement typique japonais ce soir, dans un établissement nommé Ryokan

Privilège, j’ai la vue sur le château de Matsumae

Repas typique japonais, plusieurs plats suivront tous aussi bons les uns que les autres.



Vendredi le 28 septembre - Hokkaïdo

De Matsumae à Hakodate ( 97 km) 

Dernière journée sur la route ! 

J’ai la chance avec moi, le ciel s’est dégagé ce matin et le soleil, malgré de fréquents passages nuageux est bien là.

J’ai bien profité de l’hébergement bien au sec au Ryokan. Le Onsen ainsi que la nourriture étaient super aussi.

Le vent est du bon côté et me pousse vers Hakodate. Les 97 km m’ont semblé une petite journée. Il faut dire que compléter un circuit de 2100 km après 5 semaines sur le vélo génère l’euphorie et le sentiment d’avoir accompli un petit exploit.

En chemin je me remémore le jour de mon départ de Hakodate, le dimanche 26 août.

J’étais terrifié de prendre la route. La conduite à droite à laquelle j’ai dû m’habituer, l’orientation, l’alimentation, les habitudes différentes et la langue.

Le plaisir de voyager se trouve dans la découverte de lieux, de gens et d’habitudes différentes mais aussi dans le fait que l’on découvre notre capacité à s’adapter et sortir de notre zone de confort. Finalement, c’est aussi nous même que l’on découvre.

Le Japon a beaucoup à offrir et Hokkaido restera pour moi un beau souvenir.

Pour le voyage à vélo, Hokkaido est génial. Il y a des circuits intéressants et les facilités pour l’hébergement sont variées et de qualité. Et que dire des Onsen que l’on retrouve pratiquement partout !

Le mode d’hébergement que j’ai le plus utilisé a été les campings ( très nombreux), qui coûtent un prix dérisoire. Aussi, les parcs publics qui autorisent le camping. Les services sont basiques (toilettes et eau froide) mais c’est gratuit et souvent situé à des endroits intéressants.

Durant ce voyage, j’avais décidé de réduire la moyenne de km par jour (61 km/ jour durant ce voyage), moi qui dans mes voyages précédents faisait plus de 100 km / jour sur une durée d’un à 3
mois. 

Ce fut une bonne décision. J’ai pu mieux apprécier les endroits visités en passant 2 nuits dans plusieurs sites.

J’arrive finalement à Hakodate, au Super Hotel vers 13:30 h.

Je retrouve le personnel avec qui j’avais eu 2 jours pour faire connaissance en août. La dame qui gère l’endroit et qui parle anglais et quelques mots de français me semble un peu intimidé. Je ne mets pas longtemps à comprendre pourquoi. Elle avait accepté de conserver ma boîte de vélo jusqu’à mon retour mais elle se dit désolée de l’avoir jetée...

Restons calme... je me félicite d’être arrivé ici une journée à l’avance car initialement mon itinéraire m’amenait à Hakodate le 29 soit demain. J’ai donc une marge de manoeuvre pour gérer la situation.

La manager ne reste pas passive cependant et tente de vérifier où se procurer une nouvelle boîte. Je lui fait part que j’ai en main l’adresse d’un magasin de vélo situé à quelques minutes de marche de l’hôtel ( j’avais repéré ce magasin de vélo lors de ma préparation de voyage - au cas où...).

Bingo, la dame de l’hôtel téléphone au magasin et je n’ai qu’à aller chercher la boîte. Le suspense n’aura duré que quelques minutes.

Je ne peux en vouloir à la dame de la réception de l’hôtel. Elle m’a aidé de maintes manières lors de mon arrivée pour régler plusieurs détails.

Dès que j’ai la boîte en main je prépare et emballe le vélo.

Dans la soirée, je prépare aussi mes 2 sacs de vélo arrières pour l’expédition avec la boîte de vélo vers l’aéroport Narita.

Une fois que j’aurai expédié le vélo et les sacs j’aurai le coeur et le bagage plus léger et pourrai profiter des sites intéressants de Hakodate.

Le samedi 29 septembre - Hokkaïdo

Super Hotel à Hakodate.

La nuit a été bénéfique. L’hôtel, très abordable à 65$/ nuit, petit déjeuner copieux inclus est d’un très bon niveau. Propreté exemplaire et personnel attentionné.

La mission du jour est d’aller déposer ma boîte de vélo et mes 2 sacs arrières au comptoir de l’entreprise (Yamato), qui effectue la livraison de bagages et autres colis ( ici c’est un service très développé).

Dès le petit déjeuner terminé, je vais voir la serviable manager à la réception de l’hôtel. Elle téléphone pour un taxi (dans laquelle la boîte de vélo entrera).

Direction gare et terminal de bus de Hakodate où se trouve le comptoir d’expédition de la compagnie Yamato.

Une fois au comptoir, la jeune fille qui y travaille mesure ma boîte et là ça bloque...

Elle ne parle que japonais mais bien organisée, elle se met en contact par un logiciel comme Skype où se trouve une dame qui traduit du japonais à l’anglais les soucis de la jeune fille.

Ma boîte est de trop grande dimension pour leur capacité. Encore une fois, je me dis que j’ai bien fait d’arriver à Hakodate avec une journée d’avance.

Pas de panique ... la dame traductrice et la jeune fille ont été d’une patience et d’un soutien exemplaire.

Je leur ai montré le coupon de la compagnie (Sagawa) qui avait fait le transport de l’aéroport Narita au Super Hotel. Même si ce sont leur compétiteur, ils ont téléphone et fait ce qu’il faut afin que Sagawa vienne prendre mes bagages à l’hôtel. Super service avec le sourire. Tout cela a duré une bonne demi-heure. Je les ai remercié chaleureusement.

J’ai repris le taxi vers l’hôtel (situé à quelques minutes), avec ma boîte de vélo et mes sacs.

Il ne me restait plus qu’à patienter jusqu’à l’arrivée de Sagawa transport. À 12:20 h le tout était parti. 

L’autre souci concernant l’expédition des bagages se nomme « Trami » c’est le puissant typhon qui se dirige vers le japon par le sud.

Sagawa mentionne que ça peut causer des retards et qu’il y a un risque, au pire de non livraison à temps. Je n’hésite même pas. C’est impossible de trimballer à moi seul ma boîte de vélo, mes deux sacs arrières, un sac de cabine pour l’avion. S'il y a des retards dans la livraison de mon vélo et des sacs à cause du typhon, je gérerai la situation avec Sagawa. À partir de maintenant Sagawa a pratiquement 4 jours et demi de jeu pour livrer. De surcroît, si eux ne peuvent livrer à cause du typhon, mon vol vers Montréal devrait être aussi affecté et retardé.

L’expédition des bagages classée, il me reste une tâche/voyage à effectuer, récupérer mon billet du train rapide vers Tokyo, et je pourrai faire le touriste jusqu’au premier octobre car à cette date je prendrai le train rapide Shinkansen vers Tokyo où je passerai 2 nuits avant de prendre l’avion vers Montréal.

Malgré les petits tracas qui surviennent les voyages valent bien ces petits soucis !


Bravo tu as complété ton itinéraire ! semble me dire le lutteur Sumo...


Vers midi, j’ai le mont Hakodate en vue. Encore 12 km et je termine mon périple.


Ma dernière journée de vélo m’aura encore procuré le bonheur de rouler le long de la mer.


À Hakodate il y a de bons vieux trams


Le vélo et les sacs sont prêts pour le transport vers l’aéroport en vue de mon depart pour le 3 octobre vers Montréal. La démarche a été un peu fastidieuse pour l’expédition ( que l’on ne peut garantir à cause du typhon qui se dirige sur l’île...)




VISITE DE HAKODATE

Du haut du mont Hakodate la nuit, la ville de Hakodate toute illuminée

Une forteresse au coeur de la ville








Excursion au mont Fudji et lac Hakone à partir de Tokyo



Le mont Fudji






Charlie, un Taïwanais en voyage au Japon

Région volcanique de Hakone 



Charlie et ses parents
Le fameux lac Ashi



Excursion sur le lac Ashi 

Quelle belle façon de terminer mon voyage !






Commentaires

  1. Wow! Je suis très impressionné par tes périples extraordinaires en vélo 🚴‍♀️...j’ai lu tes derniers comptes rendus toujours fort développés et renseignés ...cette fois-ci au Japon 🇯🇵... pendant plus d’un mois...Rewow... tu n’as pas de limite à tes aventures... combien de kilomètres en vélo prévois-tu parcourir ? Je te félicite pour ton immense courage...et ton endurance....C’est un beau trip que tu vies...Profites en bien!
    J’aurais plaisir de te lire, avec intérêt et pas mal d’envie!😆

    Passe de beaux et bons moments et te souhaite milles et unes découvertes magiques et magnifiques

    Alain B.

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    Réponses
    1. Merci por ces bons mots. Envion 2 500 km à parcourir. Merci encore !

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  2. Alain tu es au Japon ! J'ai tellement hâte de te lire :) J'espère que tu auras autant de plaisir à découvrir ce beau pays que moi.

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    1. Merci Chantale ! Je suis déjà impressionné après seulement quesques heures ! Bye !

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  3. Marie-Eve Ricard24 août 2018 à 20 h 48

    Yahouuuuuu!! Bon voyage!!!!!! :D Rock on!! :D

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  4. Bonjour Alain. J'ai suivi avec un grand intérêt ton dernier périple en vélo au Japon par tes courriels quotidiens, et j'ai reçu en FDS le programme complet. Très bien décrit et imagé, j'ai noté ton intérêt culturel pour ce pays du soleil levant, sa bouffe, sa géologie et ce peuple si discipliné et courtois. Tu demeures une inspiration pour moi, nouveau retraité qui ai fait mon premier petit cyclo en solo Porto-Santiago aller-retour en mai dernier. Curiosité, on a le même Marinoni Turismo mais le mien a bien moins de km!

    PTI, on s'était parlé au Tim Horton avant ta conférence sur l'Islande à MEC Laval.

    Bonne année 2019, et au plaisir de te voir lors d'une de tes prochaines conférences!

    Sylvain

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    Réponses
    1. Bonjour Sylvain,
      Merci pour les bons mots. Je vous souhaite à toi et ton Turismo de nombreux km dans des lieux inspirants.
      Au plaisir
      Alain

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